العدامة / Le quartier Adama / The Adama neighbourhood

المؤلف : تركي الحمد

(FRA)

Tout d’abord, je ne sais pas vraiment comment traduire ce titre … D’après ce que j’ai compris, il s’agit du nom d’un quartier spécifique d’une ville en Arabie Saoudite. Mot qui désignerait une surélévation du terrain, un peu comme une dune. (Mais “dune” est d’un banal pour ce pays … J’ai préféré donc garder le nom tel quel, d’autant que ce mot n’a pas l’air d’être courant pour désigner une dune).

Ce roman est le premier d’une trilogie qui suit un personnage principal de son enfance à l’âge adulte. L’histoire de Hisham, étudiant de lycée curieux et tranquille vivant dans l’est du royaume. Il dévore tout les livres qui lui tombe sous la main, et entretient des idées politiques engagées, au point de s’engager dans une organisation communiste, ce qui l’effraie aussi, geste qu’il regrettra son geste par la suite, déçu de la réalité de cette organisation et des effets négatifs que son appartenance à ce groupe provoque sur ses amitiés, sans parler des mensonges qu’il doit fabriquer devant ses parents. S’y développe également les amoures, entre la voisine de son âge qu’il ne peut à peine voir et un autre femme, mariée, avec qui il entretient une relation secrète. En somme, c’est l’histoire d’un jeune saoudien dans une période de l’histoire du royaume non définie, mais je suspecterait que cela se passe du temps du règne de Faysal dans les années 60-70. Histoire d’un jeune qui découvre la politique, le monde en dehors de sa ville, et les filles.

Les deux autres tomes de la trilogie le suivent pendant ses années d’études (deuxième roman dont le titre est الشميسي) et puis plus tard dans la vie active, et la prison (dernier roman que je n’ai pas encore lu et dont le titre est الكراديب).

Autrement dit, pour ce qui est du premier tome du moins, une histoire très banale, universelle, mais qui a le mérite de montrer une réalité normale et banale d’un pays, l’Arabie Saoudite, habituellement recouvert de clichés, de mystère et d’histoires de démesure et d’horreurs telles qu’on les lit régulièrement dans les médias. On découvre que oui, il y a beaucoup de gens “normaux” là bas, avec les mêmes préoccupations que tout un chacun, même avec une culture particulière (notamment cette non mixité poussée), et que les habitants de ce pays sont loin d’être homogènes. Un aperçu tranquille dans une société par très différente des autres, dans le fond.

La seule particularité est peut-être que comme souvent, ce livre a été interdit dans le royaume, mais qu’il a été réimprimé plusieurs fois, et lu avidement. On peut à la limite dire que ce pays a un rapport particuliers au livres : les autorités passent leur temps à interdire des livres qui sont finalement lu par tout le monde en cachette (et ils le font d’ailleurs au nom d’un autre livre … Le Coran). Pour moi le principal, c’est que les livres soient lus !

(ENG)

First, I don’t know exactly how I could translate this title … If I understood it well, it is the name of a specific place in a city of Saudi Arabia. It is also a word that would mean a mound in the earth, a bit like a dune. But “dune” seems like such a common thing in this country … ! I prefered to keep the name as it is, especially since it seems a bit old fashioned to describe a dune.

This novel is the first of a trilogy, following a character from his childhood days to his life as a grown-up. This is the story of Hisham, high-school student, curious and quiet, living his life in the eastern part of the kingdom. He reads everything that falls into his hands, and has some engaged political thoughts. This leads him to register in a communist organisation (unlawful of course), which will frightens him, and which he will come to regret because it is not as he expected it to be, and because of the negative effects it has on his friendships and the lies he has to tell to his beloved parents. We also read about his love life, between the pretty neighbour, same age than he, but whom he cannot see as much as he would like, and his secret relationship with a married woman. In brief, it is a coming-of-age story of a young Saudi in an undefined period of its history, but I guess it’s during King Faisal’s reign. Coming-of-age story with politics, religion, girls and the discovery of a wider life beyond one’s home.

The other two novels follow him during his university days (that’s the second novel, of which the title is الشميسي) and later his adult life and prison (that’s the last novel but I didn’t read it yet : الكراديب).

It appeared to me as a universal story, as to the first novel at least, a common story that I found great in that it depicts the normal and usual realities of a country, Saudi Arabia, that is most of the time only talked about with clichés, mystery and crazy extreme (if not horrendous) stories in the medias. This book is another occasion for the reader to discover that there is lots of “normal” people there, with the same desires and experiences than everywhere else, even if set in the context of a particular culture (notably the non-mixing of the sexes part). And that the inhabitants of this country are far from being all the same …

The only real particularity might be that this novel, like many others, has been banned in the kingdom, and that it has been pusblished many times, and widely read. This country has really a curious relationship to books : the authorities spend their time bannishing stuff, only to make them all the more read and bought under the counter (and they do this in the name of another book … The Quran). For me, the main thing is that books are read, in the end !

٫هذا الكتاب لا يحتاج مقدمة طويلة بالعربية لأنه مشهور جدا في العالم العربي على ما أعتقد. هو أول كتاب من ثلاثية للكاتب السعودي تركي الحمد و يروي قصة شاب سعودي من أيامه في المدرسة الى حياته كرجل. هذا الجزء الأول يروي أيامه في الثانوية وكيف يقرأ كتب كثيرة وينضم في منظمة شيويعية محظورة وكيف هي تخيب آماله ويشوه صداقاته وعلاقته مع والديه … ونقرأ أيضا عن حياته العاطفية.

قصة عادية من شاب عادي وذكي في بلد  غير عادي (من نظر مرأة غربية مثلي) وأحببتها لهذا السبب بالضبط : بعيدا عن كل الكليشيهات والقصص المخيفة والارهابية التي يمكنك أن تقرأ في إعلام الغرب عن السعودية فهذا الكتاب يقدم حياة الناس العادية في بلد معين وله ثقافة خاصة ولكنها ليست مختلفة الى الحد الذي نتخيله.

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المثقفون في الحضارة العربية / Les intellectuels dans la civilisation arabe / Intellectuals in the Arabic civilisation

العنوان الكامل : المثقفون في الحضارة العربية : محنة ابن حنبل ونكبة ابن رشد

المؤلف : د. محمد عابد الجابري

الناشر : مركز دراسات الوحدة العربية

(Français)

Le titre complet est “Les intellectuels dans la civilisation arabe : l’épreuve d’Ibn Hanbal et la chute d’Averroès”. Ecrit par le philosophe contemporain marocain Muhammad ‘Abed al-Jâbirî, ce livre se penche sur la notion d’intellectuel dans le monde arabe. L’auteur s’intéresse d’abord au concept lui-même, né en France avec l’affaire Dreyfus et développé par d’autres ensuite, et veut savoir comment il peut être appliqué dans le monde arabe, en s’intéressant d’abord à la civilisation classique, pour ensuite comprendre que la situation n’a pas tellement changé de nos jours : il y a les intellectuels qui servent le pouvoir politique en place, et ceux qui cherchent à s’en distancier, voire à se révolter. Il montre dans ce livre que la célèbre épreuve d’Ibn Hanbal et l’affaire d’Averroès, c’est-à-dire leurs persécutions par le pouvoir pour leurs vues religieuses … Qui ne sont expliquées que par une situation purement politique.

Ibn Hanbal, “père” de l’école sunnite la plus dure, le hanbalisme (et d’aucuns diront père de nos salafistes modernes), avaient certes des vues différentes de l’école religieuse officielle de cette époque (le mu’tazilisme, genre de courant rationnalisant de la religion, ouvert et accommodant, faisant grande place à la raison, courant très plaisant à nos yeux de modernes). Mais la raison de sa persécution n’était pas tellement dans l’argument religieux, peu important dans n’importe quel autre contexte (Ibn Hanbal refusait de souscrire aux vues mu’tazilites que le Coran était “créé”, le credo sunnite étant généralement que le Coran est “incréé”) que dans la situation politique : les éléments cherchant à prendre le pouvoir dans la société de l’époque et à renverser le Calife étaient eux sunnites, et étaient facilement galvanisés par les discours d’Ibn Hanbal, très populaire et connu pour son indépendance d’esprit. Tous les mécontents se rassemblait dans le courant qu’il symbolisait … Le discours politique n’existant pas de façon indépendante comme aujourd’hui, et toute chose politique s’exprimant à travers d’autres instruments (religion, etc), le seul moyen de prévenir toute révolte était de discréditer les symboles, tels qu’Ibn Hanbal, en le forçant à adhérer au credo du Calife (beaucoup l’ont fait, sous la torture, et ont ainsi perdu tout crédibilité auprès des foules). Ibn Hanbal sera un des seuls à résister, et sera assigné à résidence, interdit de visites. Indépendamment de ses vues religieuses, il est donc pour al-Jabirî, un des modèles de “l’intellectuel” dans le monde arabe, de la sorte indépendante du pouvoir, quitte à en payer le prix fort.

Il mène la même enquête sur Averroès, qui lui a la réputation d’être religieusement et intellectuellement à l’opposé d’Ibn Hanbal, mais qui se fait tout de même lui aussi persécuté, soi-disant pour ses vues d’hérétique (quelques phrases décontextualisées de ses ouvrages étant en cause), ce qui est surprenant du fait qu’il a toujours été réputé comme cadi (juge musulman), descendant d’une famille de cadis, et apprécié pendant toute sa vie par le souverain, la persécution ne commençant que lors des toutes dernières années de sa vie. Il s’agissait effectivement d’un péché politique et non religieux : couplé avec la parution d’un ouvrage sur Platon très critique à l’égard des mode de gouvernement arabe de son époque, Averroès s’était dangereusement rapproché du frère du Calife, menaçant celui-ci dans son pouvoir …

L’auteur conclut le tout par une phrase qui résume tout, avec la notion d’associationnisme qui est un des grand péchés religieux en Islam (révérer quelqu’un d’autre en plus de Dieu) : “C’est l’associationnisme en politique que le dirigeant refuse, et il l’accuse au nom de l’associationnisme en religion”. Ou comment refuser toute contestation politique et trouver un excuse religieuse opportune et fort pratique pour acculer les opposants … Finalement très moderne n’est-ce pas ?

 

(English)

Full title : “Intellectuals in the arabic civilisation : the trial of Ibn Hanbal and the fall of Averroes”. Written by a morrocan contemporary philosopher, Muhammad ‘Abed al-Jâbirî, this book tackles the notion of “the intellectual” or “thinker” in the Arab world. The authors first reviews the notion and the word, appearing first in France with the Dreyfus Affair and then developped elsewhere. He wants to know how it can be applied in the Arab world, first by defining the intellectual in classical civilisation, and then understand its continuity in the modern world : there are the intellectuals who support the ruling political power, and those who keep themselves far from it, or even try to revolt against it. In this book he takes as an example of this former category the famour trial of Ibn Hanbal and the Averroes Affair, their persecutions by the political power on basis on their religious stances … Which were just an excuse for what was really worrying the ruler : their political stance.

Ibn Hanbal is the “father” of the most strict sunni school, hanbalism (and most would say of our modern salafis, along with Ibn Taymiyya and others). He definitely had some differents with the state theology which adhered to mu’tazilism, and is known to have been theologically the most open-minded and rational in islam (and lots of moderns regret its official disappearance). But the real reason behind Ibn Hanbal’s persecution was not so much the religious stance (the accusation was a bit flimsy compared to the level of trial and torture he was subjected to : Ibn Hanbal didn’t approve of the mu’tazilism view of the Quran as “created” like any other simple object). The main problem was that Ibn Hanbal was free-spirited and gathered around him all of the discontented and brooding parts of the population during very instable political times. And since there was no independent political discourse as is the case today, but on the contrary anything political had to be expressed with the langage of that era which was steeped in religious concepts and discourses … Then Ibn Hanbal was officially tried for his religious difference with the state. And he ended up being forbidden to receive any guests in his house or leave it. The caliph had to sever the link between him and the people, not because of religion, but because of the political important place he could have, being a figure of opposition holding true whatever the consequences. So for al-Jâbirî, wether we agree with his religious views, Ibn Hanbal was definitely one of those independent intellectuals in the Abbassid era.

The author turn to Averroes’ case with the same intent, Averroes who is religiously the opposite of Ibn Hanbal, one of the models of open-mindedness. But he was also persecuted for his religious views, accusations even more flimsy than Ibn Hanbal’s : a few lines from one of hiw book, taken out of their explanation and context. He was renowned as a qadi (religious juge), descended from a important family of qadis who always have worked for the rulers. His persecution begins only towards the end of his life, after a long peaceful carreer and close adviser to the califs. The real reason was in fact simple : Averroes had published a book on Plato and using the current political scene as examples to Plato’s arguments, so the book appeared very critical of the regime … Adding to that his growing closeness to the Caliph’s brother who was the main contender and threat to the Caliph’s power.

The author sums up everything with a single sentence at the end, using the notion of associanism which is a big deal in islam (associanism means revering something else in addition to God) : “It is associanism in politics that the ruler refuses, and he persecutes it in the name of religious associanism”. Or how to refuse any political opposition and find in religion a good excuse to attack opponents … Sounds very modern indeed.

 

أول كتاب قرأته من هذا المؤلف بعدما درسنا مقاطع من أعماله في الجامعة وكنت معجبة باتزان أفكاره وتناوله لموضوعات مختلفة. في هذا الكتاب يتناول مفهوم المفكر أو المثقف في العالم العربي : كيف نطبق هذا المفهوم الأجنبي الأصل في الحضارة العربية ويطبقها على قضيتين مشهورتين في التاريخ العربي أي مهنة ابن حنبل و نكبة ابن رشد. في بحثه نكتشف الاسباب الحقيقية للقضيتين : كيف يُضطهدان مفكران مختلفان جدا من قبل السلطة ؟ كانا متهمين لأسباب دينية أو على الأقل هذا كان القول الرسمي… ويشرح المؤلف بشكل مقنع أن الأسباب كانت سياسية في الأساس لا أكرث ولا أقل. و لأن الخطبة السياسية في ذلك الوقت لم كن موجودة مثل في عالمنا وإنما كانت الخطبة الرسمية خليط من الدين والسياسة وأشياء أخرى (قد لايزال الوضع مثله اليوم ولكن ليس بنفي الدرجة) فالاتهامات ضد الأشخاص الخطيرين للسلطة كانت هي أيضا منغطرسة في المفاهيم الدينية. وبرهان ذلك كله أيضا أن شخصان بأفكار دينية معاكسة مثل ابن رشد وابن حنبل يوجهان نفس المساكل من قبل السلطة : ليس الدين هي المشكلة بل السياسة والأفكر وراءه…

وبدلك البحث يطرح المؤلف أن المثقفين في العالم العربي يعرضون للتصنيفات نفسها من مثقفين الغرب : فئة منهم مستقلون وقد يكونون البعض متمردين ضد السلطة وفئة أخرى مسندي السلطة  …

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حرمة / Femme / Woman

المؤلف : علي المقري

الناشر : دار الساقي

(Français)

Titre bien dur à traduire, puisque le concept de “hurma” n’existe pas en langue française. C’est un des mots dérivés de la racine arabe “H R M” qui recouvre le sens de sacré et d’interdit à la fois (j’en avais parlé dans cet article). Et donc ce mot ici désigne “la femme” ou “les femmes” dans les sociétés très traditionnelles comme ici où l’histoire se déroule au Yémen. Cela veut d’ailleurs en dire long, sur la valeur d’une femme : interdite certes, mais aussi sacrée … ! Un tabou qui va dans les deux sens tout en échappant à la normalité. J’aurais pu le traduire par “Du côté des femmes”, ce qui donnerait une idée de la séparation claire des sexes qu’implique cette expression dans une telle société.

Cette histoire se déroule donc au Yémen, dans une famille relativement conservatrice, où même les anciens communistes se révèlent devenir des religieux zélés. On retrouve les personnages assez classiques : une soeur dévoyée qui s’arrange pour maintenir un extérieur “respectable”, d’autant plus qu’elle est celle qui ramène le plus d’argent à la maison, donc on ne remet pas en cause ses allées et venues hors de l’espace traditionnel des femmes (entre les quatre murs de la maison) ; un frère passant du communisme à l’islamisme avec autant de conviction ; une mère assez effacée ; un père qui essaie de se raccrocher à ce qui lui reste de dignité … Et le personnage principal, une fille éduquée qui devient par la force des choses de plus en plus religieuse, sans pour autant y trouver de satisfaction, qui se retrouve à suivre son mari jihadiste et sa deuxième femme, dont elle finit par demander le divorce pour essayer de remarier ensuite avec un de ses anciens professeurs … Le drame de sa vie est non par l’excès de religiosité avec lequel elle compose sans problème, mais c’est celui de ne pas trouver d’homme qui la satisfasse sexuellement. En effet, ses deux maris, et un amant, se trouvent incapables de la déflorer, malgré toutes les tentatives et les potions qu’ils ingèrent … Elle en devient à souhaiter un viol, puis finit folle à la fin de l’histoire : le livre se termine avec elle, dévêtue, errant dans les rues. Métaphore évidente d’une société impuissante, selon l’auteur ?

Roman assez court et qui joue donc sur les thèmes les plus vendeurs : religion et sexe. Mais le lecteur reste sur sa faim, comme l’héroïne du roman : scènes explicites, peinture de la religion dans toutes ses dérives mêlées de traditions et d’interprétations extrémistes … Mais on n’en tire rien. Cela donne une impression de superficialité (peut-être voulue par l’auteur ?), et on referme le livre avec la sensation de ne pas avoir appris grand chose, autrement que les religieux aussi ne pensent qu’au sexe, comme les autres. Comme si on se contentait de lire la rubrique “faits divers” du journal, ou “le livre noir du yémen” …

 

(English)

Difficult title to translate, because the concept of “hurma” doesn’t exist in English. It’s one of these words derived from the arabic root “H R M” which covers the meanings of both forbidden and sacred (I wrote about it in this post). This word here means “woman” or “women” in the traditionnal societies such as Yemen where the story takes place. It reveals a lot about the worth of a woman : forbidden and sacred at the same time … A taboo that goes both ways, eluding the realm of normality. I could have translated it by “On/from the women’s side” to give the idea of separation between the sexes that this word suggests in such a society.

This story is set in Yemen, in a relatively conservative family, where even former communists become zealots. We have classical characters such as : the sister who leads a frivolous and scandalous life under a very respectable facade, and since she is the one who makes the biggest income in the family, her comings and goings outside the traditionnal realm of women (the house) is not questionned. There is also the brother, communist turned islamist with as much conviction, a discreet mother, a father who clings to the shreds of his dignity … And the main character, a educated girl who become more and more religious by external factors, but doesn’t find much solace in religion, and follows her jihadist husband and his second wife, then manages to divorce him, tries another marriage from on of her former teachers … But her main problem is not religion, which she accomodates with, but that she cannot find any one who might be able to satisfy her on the sexual level. Both husbands, and a lover, are unable to have sex with her (she remains a virgin to the end) despite numerous attempts and pills and stuff … She is so preoccupied with this matter that she wishes a rape at some stage, and in the end becomes mad : the books finishes with her wandering naked in the streets. Obvious metaphor of a society deemed impotent by the author ?

Relatively short novel that plays with the most popular themes nowadays : religion and sex. But the reader remains unsatisfied, like the main character : explicit scenes and depiction of religion in all its extreme forms … But with no sense of having discovered or learned anything. It gives a sensation of superficiality (maybe intended by the author), you close the book with summing it up by “zealots, like all others, also cannot stop thinking about sex”. As if you were reading a quick report on some scandal in a newspaper, the focus all on the “dark side”.

 

موقع القصة هو اليمن والشخصيات تشبه الكثير من الشخصيات نجدها في الروايات المعاصرة التي تتناول الموضوعين المفضلين اليوم : الجنس والدين (في شكلها المتطرفة طبعا) فلا نكتشف الكثير في هذا الرواية إلا أن المتدينين هم أيضا, مثل الكل, يفكرون في الجنس طول الوقت ! العنصر المحوري في الرواية هذه هي البطلة التي تفقد الأمل في بحثها عن “رجل حقيقي” أي رجل ينجح في مضاجعتها (تنتهي القصة مع البطلة التي أصبحت مجنونة  ولا تزال عذرى) ولا زوجيها ولا حبيبها ينجحون في شيء. فاعتقد أن القصة تمثل أفكار المؤلف عن مجتمع مكون من نساء  محبطات ورجال فقدوا رجوليتهم ولا كميات من التدين تتغير شيئا … وقد تكون الأسباب نفس الاسباب نجد في كل مكان : تقاليد في عالم تتطور بسرعة وتفسير ديني متطرف وأزمات اقتصادية .

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حكاية وهابية / Une histoire wahhabite / A Wahhabi Story

المؤلف : عبد الله المفلح

دار النشر : المركز الثقافي العربي

 

(FRA)

Voilà un très bon roman pour qui s’intéresse à ce sujet médiatique par excellence : nos chers salafistes-islamistes-extrémistes-(et tous les -istes qui vous viennent en tête). En ces temps de guerre contre le terrorisme renouvellés, voilà une bonne façon de “rentrer dans la tête d’un terroriste” : loin des jugements de valeur, c’est un roman qui aborde avec subtilité les parcours différents de quelques jeunes saoudiens qui se radicalisent au cours des années. Comment en arrive-t-on là … Rien de très surprenant au final, ni problème inhérent à l’islam (du moins pas plus qu’une autre religion ou idéologie) ni problème génétique saoudien, mais plutôt ce qui arrive partout : désoeuvrement + cherche un sens à la vie = expérience radicale, à la recherche d’une sensation d’appartenance, d’une fraternité forte dans des moments forts, une lutte pour la vie, pour les idéaux, surtout dans une société qui ne propose rien d’autre que l’ennui, les dettes, une vie plan plan. Bref, ce qui a toujours guidé beaucoup de gens à travers les siècles pour tout un tas de luttes … Et qui certainement guide les “jihadistes”* occidentaux vers la Syrie et l’Irak aujourd’hui.

Le personnage principal “s’en sort” grâce à des lectures, tandis que certains de ses amis continuent dans la lutte armée … Mais leur amitié, testée et malmenée, reste. Mélanges de souvenirs, de réflexions, de prise de positions, de questionnements existentiels. Le personnage principal finit par trouver la seule stabilité possible : le doute éternel, alimenté par son passé et ses lectures.

Dans le même style “dans la tête d’un terroriste”, publié il y a une dizaine d’années : الإرهابي 20  de عبدالله ثابت aux éditions دار المدى

* Je ne répéterai jamais assez que ce terme est malmené dans nos médias. Le jihâd n’est pas une guerre sainte, c’est, littéralement, un “effort”. Le grand jihad est l’effort sur soi (pour contenir ses colères, etc), le petit jihad est la lutte défensive (et jamais offensive). D’innombrables théologiens et experts se sont égosillés à l’expliquer au cours des siècles, mais il semble qu’ils soient peu entendus.

(ENG)

This is a very good novel for anyone interested in this very mediatic thing : the good old salafi-islamist-extremist-(and any -ist you can think of). In these renewed times of war against terror, this is a good way of getting “inside a terrorist’s head” : far from prejudices and clichés, it is a subtle novel on the lives of several young Saudis who become radicalized through the years. How do you become that ? Nothing surprising, not an inherent problem to islam (not more than any other religion or ideology) nor a genetic thing of Saudi Arabia … But a very common equation : induced idleness + looking for a sense to one’s life = radical experience sought for, looking for a feeling of belonging, of strong brotherhood in the face of major and dangerous situations (why war movies are so popular in the West ? same feeling sought out, in a different way), a fight for life, for ideals, in a society that has nothing to propose other that boredom, debts and a routine life. In short, something that has guided scores of people through the ages … And certainly guides the western “jihadis”* towards Syria and Iraq today.

The main character gets out of his radicalism thanks to readings and books, while some of his friends go on with the fight … But their sometimes tensed and problematic friendship stays on. This is a mix of rememberances, thoughts, stances towards some issues, and existential questionnings. The main character ends up finding his only possible stability : eternal doubt, nourished by his readings and his past. 

In the same vein “inside a terrorist’s head”, published some 10 years ago : الإرهابي 20  by عبدالله ثابت, publisher دار المدى

* It bears repeating that this word in misused in our medias. Jihâd is not a holy war, it is, litteraly, an “effort”. The great jihad is the effort on one’s self (to contain anger, etc), and the small jihad is defensive fight (never offensive). Countless theologians and experts have tired themselves repeating that but noone seems to pay attention these days.

 

 

رواية مهمة عن قضية الجهاديين العزيزة لدى الاعلامات الغربية … الطريق الافضل لاكتساف “ماذا يدور في رأس الشباب الذين يختارون التطرف”. رواية بعيد من الكليشيهات والحكم السريع … الاسباب للتطرف نفسها بكل أيديولوجيات وأديان وبالدان وعصور : لما لا يقترح المجتمع غير الضجر والديون والحياة بدون تنفس فيذهبون الناس يبحثون على معنى لحياتهم وتجريبات تجعلهم يشعرون أنفسهم أحياء ويدافعون عن قضية ونظرية وحياة تستحق أن تعاش. يبحثون عن نفس الشعور التي نبحثها في أفلام الحرب : الشعور بالأخوة  والشعور بالانتماء لشيء أكبر من النفس.

رواية آخر عن نفس الموضوع : الارهابي 20 لعبدالله ثابت

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