Monthly Archives: October 2013

حلوة وكذابة “Hilwe w kezzabe” – Série télé libanaise / Lebanese TV series

(FRA)


         Quand je ne lis pas, je regarde la télé … Donc voilà un article à propos d’une de mes trouvailles, pour laquelle je dois remercier l’auteur de cet excellent site.

        Diffusée sur MTV (Al Murr TV, chaîne libanaise, rien à voir avec notre MTV américaine), je l’ai regardée non pas pour son scénario ultra original et haletant, ni non plus pour l’excellence du jeu de ses acteurs (vous l’aurez compris, ce n’est pas la série du siècle), mais tout simplement parce que c’est une comédie, et que c’est en dialecte libanais.

    Comédie, parce que j’en avais un peu marre de toutes ces séries dramatiques larmoyantes avec les violons pleurnichards en fond musical, et en arabe libanais parce que c’est un des deux dialectes que j’ai décidé d’apprendre.

      Donc, la série : l’histoire d’une étudiante brillante mais venant d’une famille pauvre, qui semble avoir pour l’habitude de raconter des bobards à tout le monde. Mais voilà qu’un jour elle se retrouve à sortir avec un chanteur star du pays, le beau gosse coureur de jupons typique (bon, pas spécialement beau à mon avis, mais ça …), et elle lui dit qu’elle vient d’une famille très riche, pensant ainsi pouvoir le garder. De toutes façons ils tombent amoureux, et il faut ajouter à ça tout un tas d’histoires mineures en parallèle, de triangles amoureux, de malentendus, de mensonges dévoilés (haaan, le chanteur est déjà marié !) etc … Pour en faire une saison complète.

      C’est en tout cas une bonne trouvaille pour ceux qui veulent apprendre ce dialecte : le scénario assez simple et le fait de revoir toujours les mêmes personnages aident énormément à avancer dans la compréhension de ce qui se dit … Tout comme d’innombrable étudiants français sont devenus meilleurs en anglais à force de se droguer au séries américaines, j’ai l’intention de recommencer le processus, pour l’arabe.


(ENG)


          When I don’t read, I watch TV … And this is one of the things I found, thanks to this great webiste’s author.         A TV series shown on MTV (Al Murr TV, lebanese channel, no link whatsoever with “our” MTV). Not a great one, the scenario is basic and all the actors don’t play that well, but it’s comic, and it’s in Lebanese, so it’s all good for me. I’m tired of the classic whiny melodramatic TV series which seem to be favoured on every channel, so as soon as I can get something funny, I’m not too picky.

       The story of a brillant but poor student who has the habit to lie to everyone about all sorts of things (but not important ones). Then one day she happens to date a famous singer and they fall in love, but many complication arises : she lies to him to keep him (she makes him believe she’s rich, etc) but then he also lies to her (he’s already married, etc), and all sort of side-stories criss-cross the main one, to make up a full season.

       A good find to anyone who wants to learn the lebanese dialect : the simple scenario and the fact that you have always the same characters and that you can suppose very easily what they’re up to makes it very easy to pick up words and sentences (after watching during one year different lebanese shows of which I didn’t get a thing, I found this one and inexplicably ended up understanding 80% of it). The same way that countless french students (including me) improved their english by watching american TV series all day, I intend to do the same now with arabic.

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ساق البامبو ـ سعود السنعوسي Excellent roman saoudien / Very good KSA novel

(FRA)

La branche de bambou – de Sa’ûd al-San’ûsî

 

Le roman qui a gagné le prix international du roman arabe au Liban 2013 (International Prize for Arabic fiction – «Booker»). Je viens juste de le finir, et je suis bien contente qu’il ait gagné, bien que je suis entrain de lire un autre qui était également dans les finalistes et qui aurait tout autant mérité le prix, mais bref, revenons au sujet principal.

L’histoire, écrite à la première personne, d’un enfant mi-koweïtien mi-philippin : sa mère étant à l’époque domestique dans une maison koweïtienne, mais bien que son père ait voulu vivre avec elle et se marier, il a cédé aux pressions familiales, a divorcé sa femme et l’a renvoyé avec le bébé aux Philippines avec la promesse de s’occuper de son garçon à l’âge de la majorité. Entre temps l’invasion irakienne emporte le père, et le héros revient au Koweït, nourri par les images idéalisées de sa mère qui lui souhaitait une meilleure vie que la pauvreté aux Philippines. Mais la famille ne l’accepte pas, son retour lui-même se trouve être une sorte de vengeance d’un ancien ami de son père lui-même rejeté par la famille (du fait de sont statut «bidoun» : koweïtien mais sans papiers officiels), bref, il a trop l’air «philippin», c’est la honte pour cette famille de haut standing, etc … Seule sa demi-soeur et des amis lui rende la vie intéressante au Koweït, mais il finira par retourner aux Philippines retrouver son grand amour et son autre famille, pauvre et pleine de problèmes elle aussi.

Mon résumé ne ressemble peut-être à rien, mais l’histoire, beaucoup plus complexe et intéressante, vaut vraiment le coup. La langue est claire, tout comme la critique sociale des différentes sociétés : les Philippines par exemple comme victime de différents paramètres (pauvreté, etc) ce qui oblige les filles à se prostituer, à s’exporter comme domestiques notamment dans les pays arabes (avec tous les dangers connus que ça implique pour certaines), et le Koweït comme société très riche mais très contradictoire et dure envers les étrangers, tout le monde en prend pour son grade, cela va de la prostitution au racisme, en passant par les différents jeux des couches sociales, de la complexité des réputations, du manque d’instruction via la lecture, de l’abandon de la langue maternelle (l’arabe) au profit de l’anglais chez les jeunes … Concernant ce dernier point, j’ai hautement apprécié le passage où le héros reproche à sa demi soeur, koweïtienne, de n’utiliser que l’anglais pour parler à ses amies plutôt que l’arabe, et s’appuyant sur l’histoire des Philippines et d’un héros national philippin, José Rizal (dont les citations parsèment le livre), lui explique que c’est un signe de colonisation étrangère en passe de réussir … Si l’anglais est positif dans le sens où il leur permet de communiquer, il ne devrait pas remplacer la fonction de la langue nationale.

La religion est aussi abordée, de la façon dont elle est comprise et utilisée, que ce soit aux Philippines ou au Koweït … Le personnage est un chrétien avec des tendances bouddhistes, et qui est intrigué par l’islam du fait de ses origines, mais il arrive, d’une certaine façon, à mieux comprendre l’islam que quelque uns de ses compatriotes émigrés au Koweït. Je citerai là une scène bien sentie où l’un de ses amis philippins, musulman «militant», essaie de le convaincre de la grandeur de l’islam avec une série de photos de soi-disant «miracles», par exemple d’un poisson dont les écailles du ventre forme le nom «Allah», ou d’une mosquée, restée debout après une tornade, alors que toutes les maisons alentours ont été détruites. Le héros lui réplique alors que ces photos ne sont que des bêtises, et que s’il veut vraiment convaincre qui que ce soit de sa religion, ce n’est pas ne montrant des maisons détruites qu’il va y arriver, dont la seule explication rationnelle est que la mosquée était en béton et les maisons en bois, donc aucun argument religieux n’est valable dans ce cas là, et termine en lui répliquant «si tu veux m’intéresser à l’islam, tu ferais mieux de me lire et de me traduire des versets du Coran directement».

La seule chose qui me laisse intriguée, au vu de l’intérêt du narrateur pour les questions de langue, de l’importance de connaître sa propre langue et celles des autres, c’est que le héros, pas une seule fois, ne cherche à prendre des cours d’arabe. Pourtant il reste deux ans au Koweït, mais l’anglais semble lui suffire pour se forger des liens avec les différentes personnes là-bas. Il finira par écrire le roman de sa vie dans sa langue maternelle, qui sera ensuite traduit en arabe par un ami philippin maîtrisant la langue … C’est pour sa que le lecteur peut être perturbé en premier lieu par la présentation de l’ouvrage, où l’auteur réel ne serait qu’un transcripteur.

(Explication du titre : le bambou – plante qui se trouve dans le jardin du héros aux Philippines – peut prendre racine n’importe où, quelque soit le lieu où il est transplanté … Le héros s’attend donc à pouvoir prendre racine au Koweït, mais ce ne sera pas vraiment le cas.)

Pour terminer, je pense que l’auteur, saoudien, a réussi à éviter l’interdiction du livre en le publiant au Liban, et en évitant d’attaquer directement son propre pays, même s’il est très facile de voir que le Koweït n’est qu’une excuse dans la description de situations qui existent dans les pays voisins … La critique est donc très présente, mais de façon équilibrée et réaliste. L’auteur ne se lance pas dans le tout-négatif comme on aime à le faire bien souvent, surtout en ce qui concerne les pays arabes, mais au contraire rend toute leur complexité aux différents personnages, ni bons ni mauvais, mais pris dans les tissus sociaux surpuissants. Et on apprend plein de choses sur les Philippines, pays que je ne connaissais pas du tout.


Mise à jour (nov. 2014) : après avoir lu beaucoup d’articles présentant cet auteur comme saoudien, voilà que je viens de lire qu’il serait en fait koweïti … Je ne sais pas où est la vérité, mais disons qu’il est khaleeji, pour être sûr ?


(ENG)

 

The bamboo branch – by Sa’ûd al-San’ûsî

 

The novel that won the International «Booker» Prize for Arabic Fiction in Lebanon in 2013. I just finished reading it, and I’m happy that it won the prize, even though I’m currently reading another one, short-listed for the same prize, that is as good, for different reasons.

The story is written in the first person, the story of a child born of a Kuwaiti father and Philippino mother, named José/Isa (both meaning Jesus in spanish and in arabic). At the time his mother was a maid at his father’s house. He wanted to marry her but his family put him under pressure so that he had to divorce her and send her back with the child in the Philippines, promising that he would take care of the boy later, when he would be able to work. But his father dissapears during the Iraqi invasion of Kuwait, and the narrator comes back to Kuwait with the help of his father’s former friend Ghassan, his head full of overly positive images of the country, that his mother fed him overtime, wishing him a better life in rich Kuwait than in the Philippines where poverty destroyed much of his family. But his father’s family doesn’t accept him, and the reasons of his return are in the end a sort of vengeance from Ghassan towards his father’s family, because he was prevented from marrying his love, one of the narrator’s aunt, being a «bidoun» (a kuwaiti, but with no papers). The narrator looks too philippino for his family, it brings shame to theur standing and their name. Only his half-sister and some friends supports him and make his life bearable in Kuwait.

My summary might be a bit shaky and not really representative, but the story is very good, the plot is always interesting because you never really expect the characters’ actions, and it’s written in a flowing style. And the social critic is there, balanced, realistic, not all-negative nor all-positive, but the narrator doesn’t restrain himself from breaching on any subject : 

 
  • The Philippines as a country crushed by poverty, obliging girls to work in prostitution, or to go and become full-time maids in faraway countries in dreaful conditions for some cases.
  • Kuwait as a rich country but full of contradictions, racism, stuck in an impossible play of social classes, of young people disinterested in their culture and their language … On that topic I highly appreciated the moment when the narrator asks his half-sister (full kuwaiti) why she talks only in english with her friends … He then essentially tells her, quoting a famous thinker from the Philippines, José Rizal, that abandonning your language that way is a sign of a succeeding foreign colonisation. You can’t be yourself if you mix up the functionnalities of the languages you know/have learnt : it’s alright to know other languages, it’s even what enable the narrator to communicate witht eh Kuwaitis, but you should not use it as a replacement for you mother tongue. And this is why, in the end, the narrator chooses to tell his story in his native tongue, story that will be translated into arabic by a philippino friend of his who know both languages (which is of course part of the fiction, but the book is presented such as you might think the real author is in fact only akind of publisher).
  • Religion comes in too. How it is percieved and used by the different characters in both countries, the political and spirituals elements. The narrator is a buddhist styled christian who has an interest in islam because of his origins. He doesn’t really convert to it, even though one might say he understands islam better than most. I particularly like a scene in the book where one of the narrator’s friend try to convert him to islam whit these so-called miraculous images of stuff like a fish that has its scales forming the name «Allah», or the mosque that is still standing up after a storm while all the houses are gone. The narrator then replies that these pictures are stupid : the storm obviously destroyed the wooden houses and not the concrete-built mosque, and he ends the conversation telling his friend ‘if you wnt to convince me of anything, you’d better read me the Quran and translate it to me’. Religious-wise he’s a very interesting and intriguing character which goes in the way of the common western view that all Saudis all religious fanatics who despise the rest of the world : the author is Saudi, and this is a book that speaks very intelligently about highly sensitive issues : immigrant workers in the Gulf from their point of view, and religions. Of course he doesn’t «attack» his own country directly, though you can feel that all Gulf countries are aimed at through Kuwait, and the book is published in Lebanon. But whatever.
  • The book, in general, speaks of the difficulty of being a child of two cultures, the quest for an identity, and growing up in poverty. The title of the books refers to the bamboos growing in his mother’s backyard in the Philippines, a plant that has the alleged capacity of taking roots anywhere in almost any conditions.

 

 

      The only thing that intrigues me in the plot is why the narrator never attempted to learn arabic while he had all sort of occasions for it.

      Anyway, I learned quite a lot of things about the Philippines too, and in the end it is a surprising book, and a very good one. I hope it’ll be translated into english and other languages soon …

Update (nov. 2014) : After reading numerous articles presenting this author as saudi, I just read others now saying he’s in fact from Kuwait. So I’ll keep investigating this strange turn of events, and meanwhile let’s say he’s khaleeji, just to be on the safe side …




كتاب أحبه كثيرا لاسباب مختلفة … من المفترض أن اترجم ما كتبت عنه في الفرنسية والانكليزية الى العربية ولكن ما عندي أي وقت … المهم أنني مسرورة أن مثل هذا الكتاب يحظى على جائزات. نتعلم الكثير عن مجتمعتي الكويت والفيليبين ورؤية ناس يجيؤون من دول عاشت
الاسعمار الغربي بشكل أو آخر ومهمة الكفاحة لأجل اللغة الوطنية التي تنقل الثقافة والتأريخ والهوية.

ملاحظة (نوفمبر 2014) لا أعرف ما يحدث : مرات قرأت أن هذا المؤلف هو سعودس والآن أقرأ أنه كويتي … فمن أين هو بالضبط ؟ لنقل هو خليجي … 

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La fascination de Paris, toujours / Paris again / … عصفر من الشرق والحي اللاتيني

(FRA)

«Le quartier latin» de Yûsuf Idrîs, et «L’oiseau d’orient» de Tawfîq al-Hakîm

 

     Deux livres comparables dans leur sujets premiers : un étudiant arabe (libanais dans le premier, égyptien dans le deuxième), vient faire ses études dans le Paris après la deuxième guerre mondiale. L’époque précise est assez vague mais bon, là n’est pas l’important. L’important est la fascination de ces deux étudiants pour le pays, la France, où ils viennent terminer leurs études, avant de repartir chez eux.

     Les deux tombent amoureux d’une française, deux histoires d’amour qui se terminent mal, deux histoires qui rapprochent ces romans presque de la catégorie «coming of age books» des romans anglo-saxons : le jeune homme/ la jeune femme qui découvre le monde et perd ses illusions.

     Mais malgré cela, je trouve qu’il reste une illusion, jusqu’au bout, ce que j’appelle «l’occidentalisme», tout comme Edward Saïd a décrit l’orientalisme des européens fascinés par «l’orient» et qui ont construit, à travers leurs oeuvres artistiques et littéraires une représentation de l’orient pas toujours très réaliste, pour ne pas dire complètement illusoire, eh bien là nous avons affaire, dans une certaine mesure, à la même chose en inverse : des intellectuels du monde arabe, découvrant «l’occident», fascinés par lui, rapportant avec eux une image pas toujours très réaliste. Il y a suffisamment d’éléments réels pour y croire, mais au final, c’est une telle série de clichés, comme les films américains tournés à Paris où il y a toujours quelqu’un qui joue de l’accordéon et jamais une seule poubelle trop pleine sur le trottoir, qu’on n’y croit plus guère.

 

     Mais cela reste des lectures intéressantes, voire amusantes, pour découvrir l’image qu’avaient les arabes de l’occident, bien avant que les vidéo-clips ne viennent polluer les représentations (car il faut l’admettre, il est aujourd’hui bien dur, dans les reste du monde, et pas seulement arabe, de combattre cette image de dépravation totale qui colle aux «occidentaux»).



(ENG)

 

«The latin quarter» by Yûsuf Idrîs and «A bird from the Orient» by Tawfîq al-Hakîm

 

     Two books that are very alike in their subjects : both are close to the coming-of-age book category, involving both a young arab intellectual who comes in Paris to finish his literary studies (in the first book he is lebanese, in the second egyptian), who discover another world and lose some of his illusions. Both books could be something very close to an autobiography, but they are presented as a novel.Both young men fall in love with a french girl, and both love stories don’t end well.

   Both stories are quite enjoyable, and a quick read, but both convey what I call «westernism» : the same way Edward Saïd defined orientalisme as the representation of oriental countries ans people made by european intellectuals and artists through their books and art, a representation not always realistic, not to say, in some cases, seriously not realistic, so here we have the same thing in reverse. Arab intellectuals discovering «the west», fascinated by it, and bringing back with them representations slighlty distorted.

It sounds true because lots of details look true, but at the end of the day, it is such an accumulation of clichés – like american movies taking place in Paris where there is always someone playing on the accordion and not a single overflowing trash bin on the street – that you end up not believing so much in the story. 

 

     But they are still interesting lectures, even funny, if only just to discover the image arabs had of the West before video-clips and easily available porn came and seriously damaged everything (one has to admit that now it is very hard to fight off the terrible image of a depraved western society in the rest of the world, not only in the arab world).

 

 

عصفر من الشرق لتوفيق الحكيم

الحي اللاتيني ليوسف إدريس

 

كتابان ممتعتان ومتشابه في موضوعتهما : فتى يسافر الى باريس ليكمل دراساته في الأدب ويقع في حب فتاة فرنسية وتنتهي القصة الغرامية بشكل حزين. وبعد ذلك يرج الفتى الى بلاده وعائلته.

مثير للانتباه اذا تريد ان تكشف كيف يرون العرب الغرب قبل عصرنا حيث الكليبات والافلام الجنسية سهل الحصول عليه عبر الانترنت تفسد كل شيء (الصورة للغرب اصبح سيئًا جدا أيضأ في هذا المجال) ولكن القارئ يجب أن يعرف أن هذين الكتابين يحملان صورة مشوهة نوعًا ما للغرب : مثلما فعل الستشراقيون الغربيون في أعمالهم من صور خيالية عن البلدان الشرقية فشكّلا المؤلفان صورًا  خيالية نوعًا ما عن الغرب وفرنسا خاصة …  أسمي ذلك الستغراب

 

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“Couvrez-moi ! – Avec quoi ? – Une bonne couverture … ” – Books and their covers – ـ غلاف المتب

(FRA)

 

      Bon article dans le Guardian Weekly de cette semaine (31mai) sur le problème des couvertures de livres selon que l’auteur est une femme ou un homme. Pour une histoire avec le même potentiel, on fait passer le livre d’une femme bien souvent pour de la littérature de gare, de la chick-lit ou autre, alors que la même histoire écrite par un homme serait vue complètement différemment. 

     Cela soulève aussi les questions sur la différence réelle ou supposée d’écriture entre un homme et une femme, mais bon, là, il ne s’agit que des couvertures que les éditeurs choisissent de mettre. Et s’agissant de couverture, il est vrai que dans le monde des livres en arabe, les romans de façon générale sont assez colorés, mais les livres écrits par une femme sont assez généralement kitsch. Dernièrement j’ai lu un roman dont la couverture laissait penser à une histoire à l’eau de rose alors que l’histoire est incroyablement triste et réaliste. Je me demande donc si le public arabophone lui a d’autre codes en ce qui concerne les couvertures de livres, et si un livre qui nous paraît kitsch a pour eux une autre signification que «littérature de gare».

     Pour terminer sur les couvertures, j’en ai trouvé une particulièrement réussie, qui ne cesse d’accrocher mon regard depuis que j’ai le livre, et qui m’attends impatiemment sur la table de chevet, c’est un des finalistes de l’International Prize for Arabic Fiction, couramment appelé «arab booker prize», et dont le titre pourrait être traduit par «Monseigneur» (titre donné à un homme de religion d’un certain rang) de l’écrivain Ibrahim Issa (et si on devait traduire le nom de l’auteur par les noms équivalents francisés : Abraham Jésus … Ca ne s’invente pas !). Edité par Bloomsbury-Qatar Foundation, qui ont le grand mérite de vendre leurs livres sur Amazon.com, la couverture m’a accroché le regard dès que je l’ai vue, avant même de connaître quoi que ce soit de l’histoire (qui a l’air de surfer sur le type «vies scandaleuses de personnalités mêlant politique, argent et religion», ça promet). 

     Un homme, habillé comme un sheikh d’al Azhar (la plus grande institution religieuse du monde arabe, en Egypte), l’air sérieux et regardant légèrement vers le haut, entouré de flammes, façon «flammes de l’enfer», le tout dans des couleurs noir-rouge-jaune foncé et un style de dessin stylisé assez rétro … Il s’en dégage quelque chose de tragique, on voit ce personnage comme s’il essayait désespérément d’atteindre une certaine élévation, ou d’obtenir un pardon silencieux, mais qu’il est reste malgré lui dans ce monde terrestre plein de tentations, ou qu’il soit condamné à pire par ses actions, qu’il ne cherche même pas à regretter, il n’en est plus là; de son air résigné, il espère juste avoir droit à une dernière chance, peut-être. Bref, bien longue dissertation sur une couverture ! Pourquoi donc certaines couvertures de livres nous inspire tant, et d’autre nous ennuient à mourir ? Il y en a qui m’ont tellement ennuyé, voir énervé, que je recouvrais exprès les livres pour pouvoir les lire tranquillement, sans être dérangée par la couverture …

     Ah, l’influence terrible du paratexte (cf. Gérard Genette) … On oublie son importance, et la plupart du temps on en a même pas conscience. Pourquoi acheter tel livre plutôt que tel autre ? 

 

(ENG)

     Good article in this week’s The Guardian Weekly (31 May) about books’ covers and how they differ depending from teh author being a male or a female … How the same story, depending on being written by a male or a female, will be given a different cover : a «serious» one for a male author, a kitsch one for a female author. Fact linked to the big question : is there a typical male writing different from a female writing ? 

     Anyway, as to book covers, in that arab book world the fact is that novels are most of the time very colourful, for male or female authors alike, but the female authors as with english female authors, get usually the kitschiest and the pinkiest. But it is almost always misleading, maybe even more in the arab authors’ case : you think buying a book, a chick-lit sort or a fairy-tale romance, and you get, almost always, a terribly tragic, sad, realistic story that makes you a bit desperate, all the more because you excpected precisely the contrary. While with english books, you can get a nice story, beautifully written and everything too, but not necessarily insanely tragic and sad. With arabic books, especially the recent ones (last ten years or so I’d say), you get the full terrible-get-me-a-handerchief  story. Most of the time. So, with the arab books shelves, buying a book by its cover is a big gamble, even more so that with the english books shelves.

     I wonder then if the arab readers have differents codes from ours, meaning by that that if they buy a kitschy-looking book they actually know what to expect, more than us ?

Anyway, speaking of book covers, one of them recently caught my attention and never ceases to catch my eye, sitting on my bedside pile, eagerly waiting to be read.

     It’s been shortlisted at the las International Prize for Arab Fiction, commonly called «Arab booker prize» (don’t understand why). The title could be translated by «My Lord» or «Sir» or whatever the name we give to a religious figure (a priest or a bishop or else, I don’t know exaclty what equivalence to give to this arabic title), by author Ibrahim Issa (whose name translated with the anglicised names is «Abraham Jesus», I always like translating arabic names with their real meaning, you always get some fantastical things). It’s published by Bloomsbury-Qatar Foundation (whose great merit is to put their books on sale on Amazon). The story looks like some delightfully scandalous lives of people meddling with religion, politics and money, all at the same time.

     The cover depicts a man dressed as an al-Azhar sheikh (al Azhar being the biggest islamic  institution, in Egypt), looking slightly upwards, surrounded by Hell-like flammes.

I don’t know why it catches my imagination so much, but it looks so tragic : a man hoping for some spiritual elevation but stuck in the earthly spheres, or even condemned to worse because of his actions, actions he’s beyond regretting, according to his very accepting and resigned look, beyond asking for forgiveness, just waiting for a possible last chance …

     It’s always incredible how influenced you can be by the «paratext» (coined by Gerard Genette, the paratext being everything of the book that is not striclty the story : the cover, the title, all the various phrases and stuff surrounding the text, even the quality of the paper, etc). Choosing a book has a lot more to do than merely what the story sounds like. since even you cannot know that without resorting to the paratext (i.e. the summary or catch sentences at the back). A few time I even had to cover myself some of the books I wanted to read, so annoyed I was by a boring or stupid cover …



قرأت اليوم مقالة في جريدة الغوارديان الانكليزي عن مشكلة غلاف الكتب : عادة في الغرب كتب كتبتها مؤلفات يعطيها الناشرون غلافات مع ألوان صاخبة وصور تافهة مع أن لو كتب رجل نفس القصة فالكتاب سيكون أكثر “جدي” الغلاف  … ووجدت أن في العالم العربي هو الحال نفسه مع اختلافات أكبر : قد يحصل المؤلفون أيضًا غلافات “كيتش” وعادة الغلافات يعطي انطباعت عكسية للقصة داخله : غلاف وردية يغطي قصة حزينة جدًا …. ولا أعرف إن ذلك يعاد لمجموعة قوانين ورموز مختلف مما عندنا في الغرب حيث حتى الغلافت الكيتشية تناسب القصة داخل الكتاب. معظم الوقت.

وفي موضوع الغلاف تعجبت كثيرًا لغلاف كتاب “مولانا” لابراهيم عيسى : هي تراجيدية في الغاية في نظري … رجل بزي الشيوخ من الأزهر محيط بلهب ونيران جهنمية والنظرة على وجهه كأن لا  آمل حتى في طلب الغفور عن أفعاله ولكن في داخله يريد أن يرتفع الى الأعلى بغرمه وبرغم حياته وفقط يقوم هنا آملًا لفرصة أخيرة, آخرة. نادرًا ما تعجبت بغلافات وكثيرًا ما أكرهها وتجبرني غي تغطية 

الكتاب من جديد لأن أقرأه بدون ازعاج من الغلاف !




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