Monthly Archives: November 2013

ألو مرحبا – Série télé saoudienne / Saudi TV series

(FRA)

         Série saoudienne (ou du moins, faite comme si elle se passait en Arabie saoudite … Je soupçonne encore bien que certains acteurs viennent d’autres pays du Golfe, surtout les actrices, ne faisant qu’imiter l’accent saoudien, mais je ne suis pas experte encore à ce point pour distinguer un vrai accent d’une imitation). Diffusée sur MBC (la rivale de Rotana, si je suis bien … Deux noms de bouquets de chaînes satellites, saoudiennes toutes les deux, proposant le même genre de programmes). Et re-regardable sur leur site à volonté, ici.

        Sujet : la vie des employés d’un call-center, mais un call center ici où les clients appellent pour des services divers et variés (appeler un réparateur de machine à laver, réserver un billet d’avion …), pas du tout ce qu’on entend nous par “call-center” et leurs pubs téléphoniques intempestives. La série tourne donc autour de la vie du patron, de ses deux aides, et de huit employés : quatre hommes et quatre femmes, tous jeunes, et bien sûr séparés (on est en Arabie saoudite, point de folies scénaristiques !) mais du coup, c’est intéressant, pour une étrangère comme moi, de voir toutes les stratégies des hommes et des femmes pour passer au delà de ces barrières imposées par la culture, pour interagir … Ils ne paraissent guère plus “handicapés” que nous par leurs barrières qui nous paraissent inimaginables, mais au contraire, on voit que comme dans toute société, il y a des règles, plus ou moins respectées, et que les gens font avec, et vivent leur vie malgré tout. Bref, une série qui vaut bien pour moi n’importe quel livre anthropologique.

        Série traitée sur le ton de la comédie réaliste et que je trouve d’une très bonne qualité à plusieurs niveaux : le jeu d’acteur est naturel, la façon de filmer (là non plus, je ne suis pas experte, mais je ne peux que comparer avec les autres) très bien faite, du moins assez “moderne” pour ne pas être ennuyeuse, les scénarios ne sont pas trop bêtes, simples mais réalistes … Le plus dur pour moi était que je n’avais encore jamais vraiment suivi de série du Golfe, malgré mes heures de drogue passive à Rotana Khaleejiyya (que je mets en bruit de fond dès que je peux pour m’habituer à l’accent).

        Mais le dialecte du Golfe et ses variantes étant mon préféré de tous, j’étais doublement motivée pour tenter de comprendre cette série :  je ne sais pourquoi je suis toujours la seule à le trouver beau. La plupart du temps c’est l’égyptien qui est mis sur un piédestal, mais leur prononciation du “j” (ج) en “g” m’insupporte, ou encore le syro-libanais, qui semble véhiculé la même notion de sophistication et de “haute culture”… Le dialecte du Golfe a l’air d’avoir une réputation de dialecte “de campagnard” (enfin, bédouin pour le coup), peu raffiné à l’image du cliché de l’arabe du Golfe assis sur ses dollars et son puits de pétrole, intéressé par les couleurs criardes, les objets kitsch et le bling-bling de façon générale. Mais rien à faire, c’est le plus doux à mes oreilles … Peut-être parce que c’est l’équivalent arabe de mon accent franc-comtois natal ?





(ENG)


       Saudi TV series (or at least the story takes place there, I wouldn’t be surprised that the series were shot elsewhere with actors from other countries “faking’ the saudi accent, but well, I’m not an expert on that). Airing on one of the two big satellite group channels, here MBC, (the other one being Rotana) both saudi-owned. You can watch all of their TV series on their website here.


        The story : the day-to-day life of employees and their employer in a call-center (not the ones we’re used to, with their intempestive calls, here a call-center is a service center : people call them to buys a plane ticket, or check in a hotel, or getting an appointment with some houseware reparator fro the dishwasher, etc). Eight young employees, 4 men and 4 women (not in the same room of course, it’s Saudi Arabia). The whole series is made into a realistic comedy worth many anthropological books on the country : you see how people deal with their lives despite what as a foreigner we can see as impossible social rules (especially the segregation between men and women), they find other ways to deal with it and they don’t look worse off, as a general rule, than us.


        The TV series is of a good quality too, as compared to many other : the scenario, if not complex, is realistic enough, the actors play well, and the filming is quite modern. The hardest part for me was to understand everything, because I’m not used to the Gulf dialect – but since it’s my favorite, I’m trying hard to learn it in my spare time. 


        I don’t know why people usually say the egyptian dialect is the best, it sounds nice alright, but their way of saying the ج  (j) as a “g” is unbearable to me for some reason … And the other accent which has the same “high-culture” and sophisticated image is the levantine dialect, and it’s nicer to me ears than the egyptian one, but the Gulf one (ones?) are definitely the best for me. And contrary to the other two, they do pronounce the ق one way or another (usually a heavy “g”) and I appreciate that. I appreciate not disparaging that letter, it’s a beautiful one, and as a foreigner, it definitely helps understanding the words ! Anyway, it seems the Gulf dialect has the same image than the “countryside” dialects in french and english (bedouin then, in arab countries), maybe made worse by the never-ending cliché of the too-rich Gulf arab and his blatant lack of taste in everything (king of the bling bling) … but who cares, their accent still sounds nice. Rambling on to say that I’m happy to have found a TV series that’s funny, well-made, and with the “right” accent all at the same time !

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الأرجوحة ـ بدرية البشر/ La balançoire / The swing

(FRA)

La balançoire – de Badria al Bishr

 

         Deuxième roman que je lis de cette auteur. J’avais préféré le premier, “hind et les militaires”* qui ressemblait plus à un conte, et qui (pour moi) avait le mérite de se terminer bien (histoire d’une femme, de son enfance pas drôle, à son mariage raté, à sa fuite avec son amant à l’étranger).

Les deux romans ont l’avantage d’être très facile à lire, et courts. C’est, je suppose, l’équivalent arabe de la chick-lit anglo-saxonne, en moins léger. En tous cas le genre de roman qu’on ne voudrait pas admettre de lire, qu’on lit en cachette parce que ca ne fait pas aussi bien que de lire du Naguib Mahfouz … Même si essentiellement il s’agit de la même chose : la vie des gens normaux dans un pays réel. Certes, le talent d’écrivain de ce dernier n’est pas donné à tous, mais pour un voyage en train ou en bus, quand on ne maîtrise pas parfaitement les complexités de l’arabe, Badria al Bishr fait l’affaire.

        Histoire du roman : ce n’en est pas une, vraiment. Plutôt une “tranche de vie”, comme on aime à dire. La vie de trois amies saoudiennes qui se retrouvent à Genève par hasard. L’une d’elle est une descendante d’esclave, les deux autres de familles traditionnelles. Les trois se racontent leurs vies plus ou moins heureuses (souvent moins que plus d’ailleurs) avec les hommes (ou les femmes). D’apparence libérées (surtout hors de leur pays d’origine), leurs n’en sont pas moins peu enviables, et comme tout le monde, cherchent différents moyens de survivre en se procurant de l’argent (argent en général détenu par les hommes).

Le genre d’histoire qui, racontée dans n’importe quel autre pays, recevrait très peu de de commentaires, de par la banalité réaliste qu’elle contient, mais vu qu’elle est estampillée “arabe”, et même mieux (ou pire), “Arabie Saoudite”, je ne doute pas que traduit, les critiques seraient légions pour dénoncer cette “culture machiste”, etc … Mais j’insiste, c’est une histoire banale, souvent triste, mais qui pourrait se produire n’importe où. Pour des détails croustillants sur ce pays en particulier, il vaut mieux aller voir ailleurs …

Les caractéristiques “arabes” sont dans ce roman très peu nombreuses… Et pas essentielles à l’histoire. Par exemple : en Aabie Saoudite, les femmes ne peuvent pas conduire. Donc dans le roman, elles se déplacent avec chauffeur, ou en taxi, ou conduite par leur frère/père/mari. Même si ce n’est guère comparable, on peut imaginer que c’est comme on disait dans un hypothétique roman “elle vivait à New york et voulait rendre visite à son amie, elle prit donc un taxi jaune”. Qui pourrait s’intéresser au fait qu’il n’y ait que des taxis jaunes pour critiquer la culture américaine ? On ne préciserait même pas la couleur d’ailleurs, tout comme dans ce roman, l’auteur indique seulement que telle héroïne prend un taxi, sans préciser pourquoi. C’est un détail, particulier à ce pays, qui n’est pas essentiel du tout à l’histoire (qu’il soit critiquable, j’en conviens, mais c’est une autre histoire !).

Par contre certains éléments essentiels à l’histoire, comme les agressions sexuelles, sont eux tristement universaux…

(ENG)

The swing – by Badria al Bishr


It’s the second book I’m reading by this author. The other one, “Hind and the military”*, was better (for me), because it looked more like a tale, with a happy ending (the story of a woman from her difficult chilhood to her first unhappy marriage, ending with her flight overseas with her lover).

Arabic chick-lit we could say, the sort of book you don’t want to be caught reading because it doesnt look as good as reading some novel by Nagui Mahfouz, but still, when you don’t master the language perfectly and you are on a bus trip or on the train, these books are great. You even feel good at understanding everything with no much effort.

So this one is about three saudi women, university friends running into each other by happenstance in Geneva. They spend time together having fun, looking “liberated” and telling stories, stories of their rather sad lives. Very much commonplace stories, you could find anywhere, but I’m sure that if these books were translated one day, critics would be all over the place denouncing this “macho arab culture” or whatever, once more not realizing that the same stuff happen everywhere.

The cultural particularities are not even that numerous in these novels, and are not key elements to the story, sorry middle-east bashers, it won’t be interesting enough for you … i.e. : women don’t drive in Saudi Arabia, so in those novels they have chauffeurs or take a taxi or their husband/brother/father drives them, and the story goes on … Even if I could get a better comparison than what follows, it’s like saying “she lived in New York, she wanted to go and see her friend, so she took a yellow taxi”. Would would critisize the fact that there are only yellow taxis ? Not relevant to the story anyway ! It wouldn’t even be written “yellow taxi”, just “taxi”, and as such, in the novel, it’s just written “she took a taxi”, not caring to add “because in KSA women can’t drive”. Because it’s not relevant to the story. (That it is a frustrating and stupid situation for women is not relevant here, and it’s another story !). But other elements more essential to the story, like the sexual harrassements, are sadly universal …

 

كتاب سهل القراءة لأشخاص مثلي لا يتقنون العربية بشكل تام …. فيمكنك أن تقرأه في الباص أو القطار وتفهم كل شيء ! والحكاية هي عادية حزينة يمكن أن تقع في اي بلد ( حكاية ثلاثة صديقات يسردن حياتهن في مدينة جينيف)… يعني أن خصوصيات الثقافة السعودية هي غير مهمة للحكاية هنا ـ بعيدا من كل ما يفلت انتباه الناس مهتمين فقط بما تجد من أشياء غريبة ومقرفة في المملكة

* (هند والعسكر)

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