Monthly Archives: March 2014

العولمة في الخليج / La mondialisation dans le Golfe / Globalisation in the Gulf

عنوان كامل : وقع العولمة في مجتمعات الخليج العربي ـ دبي والرياض أنموذجان

المؤلفة  : ــ د. بدرية البشر

Titre : L’impact de la mondialisation dans les sociétés du Golfe arabe – exemples de Dubaï et Riyadh (Auteur  Badria Al Bishr)

Title : The Impact of Globalization on Arab Gulf Societies –  Dubaï and Ryadh as examples (Author : Badria Al Bishr)

FRA

Thèse de sociologie soutenue à l’université libanaise il y a quelques années, publiée en 2008. Ecrite par une auteur saoudienne dont je connaissais déjà les romans, et dont je me fais un but d’acheter tous les ouvrages … Dans ce livre, beaucoup de tableaux et de statistiques et de choses qui ne nous intéressent pas immédiatement et dont les résultats sont tous résumés à la fin de toute façon, mais le deuxième et le troisième chapitre sont vraiment intéressants.

L’auteur nous donne un aperçu sur ce que sont les sociétés du Golfe en se basant sur les ouvrages académiques publiés sur le sujet, sur les sujets auxquels on peut s’attendre : la structure tribale de la société et ses changements (avant/après pétrole), l’économie, les sentiments des citoyens vis-à-vis de l’évolution ultra-rapide de leur société et du fait, comme à Dubaï, d’être complètement minoritaires numériquement par rapport aux immigrés, la mise en patrimoine d’éléments traditionnels via des moyens ultra-modernes (comme le Janadryah Festival).

L’auteur veut donc s’intéresser à l’impact de la mondialisation sur ces sociétés du Golfe en prenant la plus libérale (Dubaï) et la plus conservatrice (Riyadh). Mais il y a des limites : elle ne peut s’intéresser qu’aux personnes exerçant des métiers à fort revenus, et non pas à une grande partie de la population qui, par pauvreté ou désintérêt*, n’utilise pas ce qu’elles définit comme «moyens de mondialisations» (le téléphone portable, internet et les chaînes satellites). L’autre limite pour moi et le fait que l’étude se base sur des questionnaires plutôt que des enquêtes ethnologiques, mais d’un autre côté, c’est de la sociologie, pas de l’anthropologie. Mais malgré ces restrictions, on arrive à voir une légère différence entre les deux villes : une attitude plus méfiante à Riyadh qu’à Dubaï, mais bizarrement, pas plus négative. La plupart des personnes interrogées sont assez positives sur ces «moyens». On note aussi que c’est le portable qui est le moyen le plus utilisé, plus qu’internet et le satellite … Mais cette étude date un peu et aujourd’hui les pistes seraient plus brouillées entre les 3 moyens qu’elle prend comme exemple, puisqu’on peut maintenant tout avoir sur les portables.

En tous cas il en ressort l’impression d’une fierté prononcée des locaux pour leur culture comme pour faire face à tout le reste et à leurs pays qui ne ressemblent plus à rien de ce que même les générations des grand-pères ont connu, mais on ne voit pas un rejet de la mondialisation. Au contraire, une ouverture, parfois méfiante du fait du contexte géopolitique, mais souvent positive (et ce malgré les fatwas à Riyadh qui voudraient interdire ces «moyens de mondialisation» et les censures diverses et variées**).

J’ai même été amusée par un des questionnaires, où l’auteur demande pose des questions sur la perception des qualités de «l’arabe du Golfe» par rapport à «l’occidental» (bien que ces désignations même posent problème à mon avis) : les personnes interrogées (tous citoyens de Riyadh ou Dubaï) se désignent sans problème comme étant «fainéants» et «pas ponctuels» par rapport à l’occidental qu’ils voient comme ponctuel et travailleur … Mais menteur !

(Mais cela relève plus de l’anecdote, ce genre de question nécessiterait plutôt une enquête ethnologique que des questionnaires à mon humble avis).

* Contrairement au cliché, il y a effectivement des pauvres dans ces sociétés … Parmi les immigrés certes, mais aussi parmi les citoyens.

** Curieusement, les censures servent cette acception positive de la mondialisation : le fait que la plupart des programmes «mauvais» (style télé réalité ou toutes ces dauberies dont on se passerait bien nous-mêmes, montrant trop de chair ou autres sujet à «scandale» pour une société conservatrice) soient censurés, il ne reste donc que les programmes neutres ou instructifs, style reportage animalier. Ce qui fait que l’avis de la plupart des gens dans le Golfe … est positif ! Et même améliore par la même occasion l’image de l’occident (comme auteur de programmes intelligents). Qui l’eût cru ?

ENG

Thesis in sociology, defended in the Lebanese University, and published in 2008. Written by an Saudi author I already knew from her novels. I’m trying to get all of her books anyway. In this one, lots of graphics and tables and statistics and stuff but everyhting is summarised at the end anyway. Aside from making me learn technical words, the second and third chapters are really interesting.

The author sums up facts and ideas about Gulf countries from other academical books on this subject, and themes one might expect : the tribal structure of these societies (before/after oil), economy, feelings and views of locals on the rapid change undergone by their countries and the fact that they are a numerical minority compared to immigrants (like in Dubaï), the heritage and how very traditionnal elements are presented by very modern means (like the Janadryah Festival).

The author wants to study the impact of globalization on Gulf countries by taking the most liberal one, Dubaï, and the most conservative, Riyadh, as examples. But there are limits : she can only study this by questionning people who have high revenue jobs, people who actually use the «globalisation means» she base her study on (mobile phone, satellite channels and internet). Poorer people* or those who are not using these are left aside. The other limit for me is that the study is based on questionnaires and not ethnological study, but that is to be expected, since it’s a sociology thesis, not a social anthropology one. But despite these restrictions, we manage to see a difference between the two cities : a more suspicious attitude towards globalization in Riyadh than Dubaï, but surprisingly, not more negative. And we note that it’s the mobile phone that is most used in both places, even though this study is a bit old, because the frontiers between these «means» are now blurred : you get everything on your mobile …

Anyway, you get the impression of a pride in their own culture and identity from the locals, as a way to face the rest and their countries that don’t look like what their grand fathers have known at all, but there is no rejection of globalisation as a whole. On the contrary, there is an open attitude, sometimes wary like in Riyadh but positive, and despite what some fatwas would like to do in banning everything «new» and censorships.**

I laughed also reading the results of a questionnaire in particular, where the author asks people about what qualities best describes «arabs» as opposed to «westerners» (even if these definitions themselves are problematic) : the Gulf nationals answering the question didn’t hesitate in describing themselves as «slack» and «not respectful of time» as compared to the westerner who «loves work» and «is on time» … But also is a «liar» ! (but this is more anedoctical, I wouldn’t take such a question at face value).

*Yes, contrary to the cliché, not every Gulf citizen is rich …

** Curiously, censorship seems to work in favor of globalisation : the fact that most «bad» shows are banned (stupid shows we could well get rid off ourselves, like reality TV, showing too much flesh and other «scandalous» stuff to conservatives) leave room for only neutral or interesting programs, such as National Geographic-style documentaries, etc. And that makes the views of most of Gulf nationals positive towards TV and foreign stuff. And enhances locals’ esteem toward the West, as a producer of intelligent stuff. Who would have guessed ?

كتاب صدر قبل ٦ سنوات وهو أطروحة للدكتورة بدرية البشر مشهورة لرواياتها وقد قرأت بعض منها وأنوي أن أشتري كل ما كتبها … هذه الأطروحة تتعلق مع العولمة في نظرية ناس الخليج وتقوم ببحثها مع استبانات عن مواضيع مختلفة وأهمها استخدام النلس لما تسمي وسائل العولمة أي شبكة الإنترنت والجوال والقنوات الفضائية.

ويبدو أن أهل الرياض أكثر تحفظا من أهل دبي كما يمكننا أن نتخيل ولكن ليس بالضرورة أكثر سلبية … وما اهتمت به كثيرا هو الفصل الثاني والثالث للكتاب حيث تتحدث عن المجتمع الخليجية بشكل عام وكل ما لا نعرفه نحن الأجانب عن بنية الاجتماع القبلي والتغيرات الكبيرة السريعة مرت بها بلدان الخليج … فيبدو لنا أن الخليجيين يريدون أن يحفظون على ثقافتهم ويفتخرون بها كأن ذلك يساعدهم في مواجهة كل هذه التغيرات والكم الكبير من العمال الأجانب … ففي أروبا مثلا لا نتخيل أن بعض الناس مثل أهل دبي يعيشون كأقلية رقمية داخل بلدهم ! ولا شخص أروبي سيقبل بسهولة مثل هذا الوضع في بلده …

واستغربت أيضا وكنت أقرأ أن الخليجيين الذين أجابوا على الاستبانات يصون أنفسهم «كسليين» و «لا يحترمون الوقت» عكس مما يقولون في نفس الاستبانة عن الغربيين …غريب أن يقبلون صفات سلبية بدون أن ندرس ما معنى أن تكون كسلان وفي أي سياق … أنا لا أفكر أن يمكننا أن نقارن بهذه السهولة صفات متعلقة بثقافات وأوضاع اقتصادية مختلفة جدا …

على العموم أحببت هذا الكتاب وتعلمت بعض الاشياء ما توقعتها : مثل الدور الايجابي للرقابة في صالح الغرب وصورته عند الخليجيين : لأن بسبب حظر البرامج والقنوات السخيفة لا قيمة لها التي تثير «الفضيحة» فيبقى فقط البرامج الذكية والمثير للاهتمام فتصبح بلدان الغرب التي ينتجون هذه البرامج «ممثلة» بهذه البرامج الايجابية …

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شبه الجزيرة العربية / La péninsule arabique / The Arabian Peninsula

المؤلفة : سلوى النعيمي     –    الناشر :  دار رياض الريس

(FRA)

Dans mon précédent article je parlais des livres syro-libanais que j’ai lu comme étant la plupart du temps très «modernes» par rapport aux «romans du désert» plus intemporels. Celui-ci en est un très bon exemple.

Bien que la narratrice fasse d’innombrables références à des oeuvres classiques, des légendes, à l’Histoire, bref, bien que le champ intertextuel soit infini, l’impression de modernisme colle au roman du début à la fin. La langue par exemple elle même est utilisée de cette façon, avec des tournures modernes qu’on pourrait traduire par «Elle appliquait cela en pratique, ou elle essayait de.»

L’histoire elle est présentée comme roman, mais on pourrait dire «autobiographie fictive» tant les détails concernant la narratrice nous renvoient sans arrêt à la vie réelle de l’auteur (de ce qu’on peut en savoir du moins). C’est peut-être plus une suite de pensées et de souvenirs et de remarques d’une exilée syrienne en France, et qui peut voyager sans problème où elle veut sauf son pays d’origine. Et donc plutôt qu’une impression intemporelle, ce livre paraît très moderne, situé, concernant une personne précise, comme si on écoutait l’histoire d’une amie, et qu’on partage (ou pas) ses sentiments sur certaines choses, et qu’on découvre d’autres choses.

Quant au titre, je ne sais toujours pas ce qu’il fait là … La péninsule arabique n’est qu’une des destinations diverses de la narratrice, élément très secondaire. Peut-être vient-il de la postface fictive, où la narratrice commente, depuis le Golfe, les révolutions qu’elle voit se dérouler à la télé, branchée sur «Al Jazeera» (qui veut dire «île», en référence à la péninsule arabe). Je demande d’ailleurs si le titre n’est pas lui même un reflet de son exil, sa langue natale imprégnée de l’étranger : c’est la traduction exacte du français «presqu’île (péninsule) arabique» alors que je n’ai jamais entendu, me semble-t-il, les arabes eux-mêmes la désigner autrement que par «l’île» (al-jazeera) ou «le Golfe» (al-khaleej).

(ENG)

In my precedent article I was speaking about the syro-lebanese books I read that appeared to me very «modern» (as opposed to the epic sense of «desert novels»). This book is precisely a good example.

Event though the female narrator refers to a great many stories, histories and legends, even though the intertextuality is wide, this sensation of being modern stuck to this book through and through. The language itself is used in a modern way, putting words and ending sentences in a way you don’t see often in standard or classical writing.

The cover says «novel», but it is more of an «autobiographical fiction», so much the narrator’s details match the author’s ones (of what you get to know reading interviews at least). It is more like a string of thoughts and rememberances and remarks of a syrian woman exiled in France. She can travel anywhere she likes but in her home country. And so, more than being timeless, the books sounds very modern and situated, the details of a person, of a friend you listen to, talking about her life. You agree – or not – on certain subjects, you discover others.

As for the title, I still wonder what it has to do with the story … The arabian peninsula is but one of the many countries the narrator travels to. It’s a very secondary element. Maybe it comes from the fictive post-scriptum (?), where the narrator comments on the arab revolutions while she is staying in a Gulf country watching Al Jazeera channel (which means «island» by the way).

Then I wonder is this title is not itself a reflection of her exile, her mother tongue arabic influenced by the foreign french : this title is the exact translation of the french (or english) «arabian peninsula» (peninsula in french can alos be said with another phrase that literaly means «almost-island»). While I never really noticed any arab person before using that phrase, they just say «the island» (al jazeera) or «the gulf» (al khaleej).

كتاب مثالي عما تحدثت عنه في مقالتي السابقة : معاصر جدا. مع التناص كثيف والتلميحات الى التاريخ وأساطير وحكايات عديدة إلا أن الرواية معصر جدا مثل كثير من الروايات الشامية قرأتها, العكس للبعد الملحمي لدى الكتب الصحروية كما أسميها.  ا

حتى اللغة هي مستخدمة بشكل عصري مثل هذه الجملة من الكتاب : «هي كانت تطبقها عمليًا أو تحاول أن.» وتنتهي الجملة بالكلمة «أن». ا

الغلاف يقدم «رواية» ولكن شبه سيرة ذاتية  أكثر من رواية طالما خصوصيات الراوية تشبه خصوصيت الكاتبة. وأكثر من رواية الكتاب هو سلسلة من أفكار وذكريات وتعليقات من إمرأة سورية من أت مسلم وأم مسيحية هاجرت الى فرنسا. يمكنها السفر في أي بلد إلا بلدها الصلي.  ا

أما العنوان فلا وجدتُ أي علاقة بالحكاية … إلا في النهاية حيث تتحدث الراوية عن الثورات العربية التي تشاهدها على شاشة قناة الجزيرة وهي مقيمة مؤقة في الخليج. ولا أعرف إن أحطأ أم لا ولكنني العنوان يشبه القصة فقط في كونه عربية متأثرة من الفرنسية : فلا سمعت أي عرب يقول «شبه الجزيرة العربية» بل فقط «الجزيرة أو الخليج» فيما «شبه الجزيرة العربية» هو ترجمة دقيقة من التعبير الفرنسي …   ا

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الشيخ / Le cheikh / The Sheikh

المؤلف : إبراهيم محمدالنملة

(FRA)

Petit roman (une centaine de pages, chapitres courts) dont l’histoire se passe dans un lieu indéterminé, un petit village éloigné de la ville. Bien que l’histoire soit générique et pourrait avoir lieu n’importe où dans le monde, on devine le désert, et bien sûr la nationalité de l’auteur précisée en quatrième de couverture nous influence forcément, ce qui nous amène à imaginer un village saoudien.

L’histoire tourne autour des mémoires d’un «cheikh» du village, mot difficile à traduire parce qu’il désigne en général une personne d’âge avancé reconnu pour ses qualités de sagesse, son exemplarité, ses conseils avisés … Cheikh tué parce qu’il s’opposait aux manigances de l’imam et d’un homme d’affaires parvenu venant profiter de la sécheresse pour racheter les terres des habitants et s’enrichir. Plusieurs histoires s’entremêlent, l’orphelin qui perd sa fiancée, le bédouin qui a vent de ce que personne n’est sensé savoir, l’imam corrompu qui se met d’accord avec l’homme riche venu de nulle part … Pour constituer au final une histoire classique reflétant la transition d’une période rurale immémoriale à une période de migration massive et forcée vers les villes, la perte d’une vie dure mais libre pour une vie matériellement un peu plus riche mais servile.

Le ton est donné, la ville vue comme élément lointain mais broyant les gens inexorablement, les renvoyant parfois momentanément dans les villages, changés et méconnaissables, la modernité qui efface les mémoires et éloigne les gens les uns des autres … L’histoire peut paraître naïve d’un premier abord, mais elle est étrangement prenante, pleine de jolies subtilités, avec une dimension suffisament universelle pour qu’on soit en phase avec les personnages même si on ne connait rien à la vie des villages des déserts. Les descriptions sont minimales, ce qui rend la lecture très ciblée, comme une nouvelle, et c’est agréable.

Mais bien sûr j’ai un peu de parti pris, car malgré mon train de vie très moderne, les romans parlant de cette nostalgie «anti-moderne», pour un peu qu’ils aient une dimension universelle, que ce soit en fantasy, historique ou simple fiction comme celle-ci, ont toujours été ceux qui m’ont fait le plus d’effet.

Au niveau de la langue en tous cas, je me rends peu à peu compte que l’arabe classique est manié légèrement différement selon les auteurs et leurs nationalités, et qu’on peut presque parfois donner un style à telle ou telle région du monde arabe. Est-ce dû aux sujets traités ? Aux préocuppations premières de chaque auteur ? Je ne sais pas trop.

Mais il y a quelque chose que j’aime toujours par dessus tout dans les romans, c’est ce que j’appelle le «souffle épique», une espèce de profondeur inexplicable, le sentiment que l’on a en regardant un feu de cheminée ou les étoiles dans le ciel. Et pour ce qui est des romans arabes, je ne l’ai bizarrement trouvé jusqu’ici que dans des romans du Golfe, des romans «du désert» comme celui-ci (ce qui me fait penser qu’il est grand temps que je me mette à lire le lybien Ibrahim al Koni, qui a l’air de regorger de «sens épique» aussi). A l’inverse, beaucoup de romans syro-libanais que j’ai pu lire sont eux très «modernes» dans les sujets traités, la façon d’écrire … Mais bon, ce n’est qu’une impression générale à laquelle je pourrais déjà apporter des exceptions !

(ENG)

Small novel (a hundred pages, small chapters … I think it’s what we call novella in english, even though there is no word for it in french), whose story take place in a undefined place. A small village, far from the city. Even though le story is generic, I mean by that that it could take place anywhere in the world, you still feel the desert in it. And of course the author’s nationality (mentionned ont he back cover) influence you, and you imagine from the start being somewhere in a small saudi village.

The story revolves around memoirs of the village’s «sheikh», a difficult word to translate because it is usually given to a middle aged or old man known for his wisdom, exemplarity and good counsel … This sheikh gets killed because he opposed the village’s imam dodgy alliance with a rich business man who came during a draught to buy up the land. Several stories are intertwined, like the orphan who loses his fiancée, the bedouin who ears what no one is supposed to hear, the corrupt imam getting along with this rich man come from nowhere … All this gives a classical story reflecting the transition period between an age-old rural life and the massive and forced migration to the cities. The loss of a hard life lived freely to a materially slightly better life but lived in servitude.

The tone is given : the city is the far away scary element that eats up people, and sometimes sending them abck to the villages, but changed and unrecognizable. The modernity that erases memories and widens the gap between people who used to live closely together. The story might appear naïve at frst glance, but it is convincing, with lots of nice subtelties, and a universal dimension that allows any reader to relate to the characters. Descriptions are minimal, which gives a short story like feeling.

Of course my view is biased, because despite my very modern way of life, I’m always more attracted to this kind of novel, full of this «anti-modern» nostalgia. Particularly if they have a universal dimension, be it fantasy, story of simple fiction like this one.

On the language level I also realize more and more that classical arabic (or modern standard arabic, as you like) is not used the same way according to the authors’ nationalities. Sometimes you could almost even give a style to each region of the arab world … Is it because of the subjects ? Or the authors’ favorite themes ? I don’t know, and I haven’t read that many books yet to be certain.

But there is something I love above all, it’s what I call the «epic sense», this king of inexplicable deepness you might have when looking at a hearth fire or gazing at the stars i the sky. As for arabic novels, up until now I only found this epic dimension in Gulf novels, or at least «desert» novels. (Which reminds me of a lybian authors I really need to read, Ibrahim al Koni). While most of the syro-lebanese books I read were more «modern» both in their subjects and writing style. But then as I said it’s only a vague idea based on a few books …

رواية صغيرة عن حياة في قرية ما بعيدة عن المدينة … قد تحدث هذه القصة في أي بلد ولكن من الممكن أن تحس الصحراء والحياة الريفية في بلد خليجي عبر الكلمات. قصة فوق الزمان والمكان بمعنى أن ما تصفه قد يحدث في أي بلد : التغيرات تجلبها المعاصرة أي الانتقال من حياة قاسية ولكن حرة إلى حياة أكثر غنية ماديًا ولكن عبودية. قصص منسوجة بعضًا : الشيخ الحكيم الذي تقتل لأنه يعترض ما يخطط امام القرية الفاسد وشريكه رجل أعمال الذي يريد امتلاك أراضي القرية , قصة اليتيم الذي يخسر حبيبته , قصة البدوي الذي يسمع ما يجب ألا يسمعه أحد …

أحببتُ ذلك الكتاب لأنه يحتوي ما أسمي «البعد الملحمي» وهذا الحنين على الماضي, زمان يبدو أكثر انسانية وأكثر مغامرة (وقد يكون وهمًا فقط ولكن …) مثلما نجدهما في «سيد الخواتم» لتولكيين. ولسبب أو آحر وجدت هذا البعد فقط في روايات خليجية أو على الأقل «روايات صحروية» (يجب أن أقرأ كتب لابراهيم الكوني لأتأكد من ذلك) فيما الكتب  لمؤلفين شاميين مثلًا دائمًا تبدو لي «عصرية» جدًا (وأخيانًا مملة) تغوص في تفاصيل الحياة العصرية اليومية وتبقى القصة سطحية.

عكسًا لذلك فهذا الكتاب تقتصر الوصفات والتفاصيل على ما هو أهم فقط وتعطي نفس الاحساس من قصة قصيرة تهدف جوهر الأحداث ولا تكترث بما هو ليس مهمًا … ففعالية القصة كبيرة,قصة التي هي لمحة قوية من فترة تتغيرون الناس فيها ويصبحون أكثر باردينن البعض مع البعض.

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