الشيخ / Le cheikh / The Sheikh

المؤلف : إبراهيم محمدالنملة

(FRA)

Petit roman (une centaine de pages, chapitres courts) dont l’histoire se passe dans un lieu indéterminé, un petit village éloigné de la ville. Bien que l’histoire soit générique et pourrait avoir lieu n’importe où dans le monde, on devine le désert, et bien sûr la nationalité de l’auteur précisée en quatrième de couverture nous influence forcément, ce qui nous amène à imaginer un village saoudien.

L’histoire tourne autour des mémoires d’un «cheikh» du village, mot difficile à traduire parce qu’il désigne en général une personne d’âge avancé reconnu pour ses qualités de sagesse, son exemplarité, ses conseils avisés … Cheikh tué parce qu’il s’opposait aux manigances de l’imam et d’un homme d’affaires parvenu venant profiter de la sécheresse pour racheter les terres des habitants et s’enrichir. Plusieurs histoires s’entremêlent, l’orphelin qui perd sa fiancée, le bédouin qui a vent de ce que personne n’est sensé savoir, l’imam corrompu qui se met d’accord avec l’homme riche venu de nulle part … Pour constituer au final une histoire classique reflétant la transition d’une période rurale immémoriale à une période de migration massive et forcée vers les villes, la perte d’une vie dure mais libre pour une vie matériellement un peu plus riche mais servile.

Le ton est donné, la ville vue comme élément lointain mais broyant les gens inexorablement, les renvoyant parfois momentanément dans les villages, changés et méconnaissables, la modernité qui efface les mémoires et éloigne les gens les uns des autres … L’histoire peut paraître naïve d’un premier abord, mais elle est étrangement prenante, pleine de jolies subtilités, avec une dimension suffisament universelle pour qu’on soit en phase avec les personnages même si on ne connait rien à la vie des villages des déserts. Les descriptions sont minimales, ce qui rend la lecture très ciblée, comme une nouvelle, et c’est agréable.

Mais bien sûr j’ai un peu de parti pris, car malgré mon train de vie très moderne, les romans parlant de cette nostalgie «anti-moderne», pour un peu qu’ils aient une dimension universelle, que ce soit en fantasy, historique ou simple fiction comme celle-ci, ont toujours été ceux qui m’ont fait le plus d’effet.

Au niveau de la langue en tous cas, je me rends peu à peu compte que l’arabe classique est manié légèrement différement selon les auteurs et leurs nationalités, et qu’on peut presque parfois donner un style à telle ou telle région du monde arabe. Est-ce dû aux sujets traités ? Aux préocuppations premières de chaque auteur ? Je ne sais pas trop.

Mais il y a quelque chose que j’aime toujours par dessus tout dans les romans, c’est ce que j’appelle le «souffle épique», une espèce de profondeur inexplicable, le sentiment que l’on a en regardant un feu de cheminée ou les étoiles dans le ciel. Et pour ce qui est des romans arabes, je ne l’ai bizarrement trouvé jusqu’ici que dans des romans du Golfe, des romans «du désert» comme celui-ci (ce qui me fait penser qu’il est grand temps que je me mette à lire le lybien Ibrahim al Koni, qui a l’air de regorger de «sens épique» aussi). A l’inverse, beaucoup de romans syro-libanais que j’ai pu lire sont eux très «modernes» dans les sujets traités, la façon d’écrire … Mais bon, ce n’est qu’une impression générale à laquelle je pourrais déjà apporter des exceptions !

(ENG)

Small novel (a hundred pages, small chapters … I think it’s what we call novella in english, even though there is no word for it in french), whose story take place in a undefined place. A small village, far from the city. Even though le story is generic, I mean by that that it could take place anywhere in the world, you still feel the desert in it. And of course the author’s nationality (mentionned ont he back cover) influence you, and you imagine from the start being somewhere in a small saudi village.

The story revolves around memoirs of the village’s «sheikh», a difficult word to translate because it is usually given to a middle aged or old man known for his wisdom, exemplarity and good counsel … This sheikh gets killed because he opposed the village’s imam dodgy alliance with a rich business man who came during a draught to buy up the land. Several stories are intertwined, like the orphan who loses his fiancée, the bedouin who ears what no one is supposed to hear, the corrupt imam getting along with this rich man come from nowhere … All this gives a classical story reflecting the transition period between an age-old rural life and the massive and forced migration to the cities. The loss of a hard life lived freely to a materially slightly better life but lived in servitude.

The tone is given : the city is the far away scary element that eats up people, and sometimes sending them abck to the villages, but changed and unrecognizable. The modernity that erases memories and widens the gap between people who used to live closely together. The story might appear naïve at frst glance, but it is convincing, with lots of nice subtelties, and a universal dimension that allows any reader to relate to the characters. Descriptions are minimal, which gives a short story like feeling.

Of course my view is biased, because despite my very modern way of life, I’m always more attracted to this kind of novel, full of this «anti-modern» nostalgia. Particularly if they have a universal dimension, be it fantasy, story of simple fiction like this one.

On the language level I also realize more and more that classical arabic (or modern standard arabic, as you like) is not used the same way according to the authors’ nationalities. Sometimes you could almost even give a style to each region of the arab world … Is it because of the subjects ? Or the authors’ favorite themes ? I don’t know, and I haven’t read that many books yet to be certain.

But there is something I love above all, it’s what I call the «epic sense», this king of inexplicable deepness you might have when looking at a hearth fire or gazing at the stars i the sky. As for arabic novels, up until now I only found this epic dimension in Gulf novels, or at least «desert» novels. (Which reminds me of a lybian authors I really need to read, Ibrahim al Koni). While most of the syro-lebanese books I read were more «modern» both in their subjects and writing style. But then as I said it’s only a vague idea based on a few books …

رواية صغيرة عن حياة في قرية ما بعيدة عن المدينة … قد تحدث هذه القصة في أي بلد ولكن من الممكن أن تحس الصحراء والحياة الريفية في بلد خليجي عبر الكلمات. قصة فوق الزمان والمكان بمعنى أن ما تصفه قد يحدث في أي بلد : التغيرات تجلبها المعاصرة أي الانتقال من حياة قاسية ولكن حرة إلى حياة أكثر غنية ماديًا ولكن عبودية. قصص منسوجة بعضًا : الشيخ الحكيم الذي تقتل لأنه يعترض ما يخطط امام القرية الفاسد وشريكه رجل أعمال الذي يريد امتلاك أراضي القرية , قصة اليتيم الذي يخسر حبيبته , قصة البدوي الذي يسمع ما يجب ألا يسمعه أحد …

أحببتُ ذلك الكتاب لأنه يحتوي ما أسمي «البعد الملحمي» وهذا الحنين على الماضي, زمان يبدو أكثر انسانية وأكثر مغامرة (وقد يكون وهمًا فقط ولكن …) مثلما نجدهما في «سيد الخواتم» لتولكيين. ولسبب أو آحر وجدت هذا البعد فقط في روايات خليجية أو على الأقل «روايات صحروية» (يجب أن أقرأ كتب لابراهيم الكوني لأتأكد من ذلك) فيما الكتب  لمؤلفين شاميين مثلًا دائمًا تبدو لي «عصرية» جدًا (وأخيانًا مملة) تغوص في تفاصيل الحياة العصرية اليومية وتبقى القصة سطحية.

عكسًا لذلك فهذا الكتاب تقتصر الوصفات والتفاصيل على ما هو أهم فقط وتعطي نفس الاحساس من قصة قصيرة تهدف جوهر الأحداث ولا تكترث بما هو ليس مهمًا … ففعالية القصة كبيرة,قصة التي هي لمحة قوية من فترة تتغيرون الناس فيها ويصبحون أكثر باردينن البعض مع البعض.

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Filed under Roman / Novel / رواية

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