Monthly Archives: June 2014

أما بعد / Souvenirs d’un séfarade / Memories of a Sefarad

المؤلف : وليد الرجيب

(FRA)

Titre impossible à traduire mot à mot. “Amma ba’d” est une expression typiquement arabe pour la correspondance : on met ces deux mots après les “salams” (et bismillah etc) pour introduire le vif du sujet. Ici, c’est la façon dont le personnage principal, Yacoub, a l’habitude d’introduire toute histoire qu’il raconte, même à l’oral (ce qui fait rire ses interlocuteurs puisque cette expression n’est normalement utilisée qu’à l’écrit).

La narration se divise selon deux “temps”, en alternance de chapitre à chapitre : un temps où le narrateur suit la vie du personnage, qu’il raconte lui même, et un temps où le narrateur décrit les visites d’un réalisateur et son équipe de tournage qui viennent enregistrer l’histoire de la vie de ce personnage . Ce réalisateur lui pose des questions, et le narrateur décrit les réactions de chacun, et la vie actuelle de Yacoub, qui est vieux et malade (il y a d’ailleurs des descriptions très bien faites pour ce personnage vieux et malade) .

Yacoub décrit donc sa vie, juif né au Koweït dans une famille d’origine irakienne, forcé de migrer en Israël après sa création, et cherchant depuis toujours l’amour de sa vie, premier amour d’enfance, Sarah, juive irakienne. Roman simple et rapide à lire mais très intéressant en ce qu’il nous fait découvrir un autre aspect négatif, et peu connu, des suites de la création d’Israël : l’exode massif, plus ou moins forcé, des juifs vivant dans les pays arabes. Tout comme la plupart des palestiniens se sont trouvés amputés de leur pays, les sociétés arabes se sont retrouvées amputées de tout un pan de leur tissu social dont il ne reste plus beaucoup de traces. L’auteur a également le grand mérite de décrire la vie des juifs au Koweït de façon réaliste : ce n’était pas l’enfer comme en Europe des années 40, mais ce n’était pas tout rose non plus. C’était la vie plus ou moins difficile d’une minorité dans des sociétés traditionnelles, comme partout. Les personnages sont diversifiés aussi, la “stupidité” étant répartie dans chaque segment social (on a le père de Sarah extrémiste tout comme des gamins musulmans racistes dans le quartier).

C’est en tous cas très intéressant et à l’encontre des idées habituelles qu’un auteur du Golfe écrive tout un livre sur la vie des séfarades, et parsème les dialogues de phrases en hébreu translittérées en arabe (et traduites dans les marges).

(ENG)

The title is impossible to translate literally. “Amma ba’d” is typically used in correspondence : you put it after the “salams” (and bismillah etc) and before delving into the subject. Here the main character Yacoub uses it to begin any story or speech he tells orally, which make his listeners laugh because it’s a phrase that is only ever used in writing.

The narrative is twofold, two “times” alternating with every chapter. A time for the story Yacoub narrates with his words, the story of his life, and a time where a film maker and his crew visit him, in his old age, to record him telling his story. So you read about the reactions of the film maker and his crew towards this old and sick man (and there is some really good and concise descriptions, about being old and sick).

So Yacoub narrates his life, as a Jew born in Kuwait in a family of iraqi origins, and forced to migrate to Israel after its creation, and ever since then looking for his childhood love, the love of his life, Sarah (iraqi Jew). Simple and quickly read, this novel is interesting in that it makes us discover another negative aspect – and pretty much unknown – of the consequences of Israel’s creation : the massive exodus, more or less forced, of the arab-jewish populations. And as most palestinians found themselves cut off their land, the arab societies found themselves cut off from a important part of their social fabric : the arab-Jews and their activities and culture. The author has also the great merit of writing about the Jews’ life in Kuwait in a realistic manner : no hell like Europe in the 40’s, but no paradise either. Just the normal and more or less hard life of a minority in a traditionnal society, like is the case for all minorities everywhere. And the characters are diversified, stupidity being found everywhere, from Sarah’s misogynist and extremist father to the racist muslim kids of the neighbourhood.

And so this is interesting and against the mainstream ideas that an author from a Gulf country should write a whole book about Sefarad Jews and dropping phrases in hebrew in the dialogues (transliterated to arabic and translated in footnotes), without being himself jewish.

رواية جميلة حول حياة يهودي من الكويت الذي أضطر الى الفرار من بلده بعد النكبة … ينكشف المؤلف جانب غير معروفا من النكبة وإقامة “الدولة الإسرائلية” وهو الهجرة القسرية (معظم الوقت بسبب التوتر الاجتماعي بعد ما حدث في فلسطين) من الجزء اليهودي من المجتمعات العربية … يهوديون الذين معظمهم لا أرادوا شيئا الا البقاء في بلدهم العربي وما يكترثوا بالمشروع الصهيوني …  وهنا يتناول الكتاب نوعا من السيرة الذاتية ليهودي عربي يبحث عن حبيبته من الطفولة والفراق ولا يزال يشعر بالحنين الى بلده الأصلي الكويت وصديقه كم الطفولة المسلم.

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