Category Archives: Trucs modernes / Modern stuff / أشياء معاصرة

معارك طاش ما طاش / Les batailles de Tash ma Tash / The battles of Tash ma Tash

المؤلفة : بدرية البشر

الناشر : المركز الثقافي العربي

(FRA)

Qu’est-ce donc que Tash ma Tash ? Non pas un lieu, mais une série télé. Série télé comique qui a été diffusée pendant des années au moment du Ramadan en Arabie Saoudite (parce que le mois de Ramadan c’est aussi le mois des séries dans le monde arabe). Série télé comique qui à travers ses sketches s’attaque à à peu près tout les sujets de société du royaume, y compris les droits des femmes et la police religieuse , et donc bien évidemment, comme on peut s’y attendre, cela en a irrité quelques uns …

Ce livre relate donc l’histoire de cette série, et le fait social qu’elle est devenue, les réactions du public, et plus généralement des deux courants de pensée présents en Arabie Saoudite, les modérés et les radicaux. Succès éclatant, regardée par l’écrasante majorité de la population, allant du travailleur pauvre au roi lui-même, cette série a duré de nombreuses années, malgré les fatwas diverses et variées, y compris des plus hautes instances religieuses.

L’auteur analyse cette batailles entre courants, entre pro et contre, selon ce qu’elle appelle “l’esprit d’interdiction” (du mot arabe “tahrîm” lié à la notion de “harâm”, et qui recouvre à la fois la notion d’interdit et de sacré … Manger du porc c’est “harâm”, mais la Kaaba est aussi la maison sacrée, c’est-à-dire “bayt al harâm”. J’adore ces bizarreries de la langue arabe). Esprit d’interdiction qui pousse les extrémistes et radicaux religieux à voir du “harâm” dans à peu près tout (et on sait que certains religieux saoudiens peuvent être drôlement inventifs dans le genre) et donc rédiger une fatwa le concernant. Ici, cette série s’inscrit donc en plein dans le camp combattant cet esprit d’interdiction qui étouffe la société, non pas par choix délibéré, mais simplement de par sa nature comique, et des sujets abordés par les deux acteurs et créateurs de la série. Et visiblement, elle a souvent réussi à remporter la mise.

A noter : l’auteur, sociologue et écrivain dont j’ai déjà parlé dans d’autres articles, est la femme d’un des deux créateurs de la série (Nasser al Qasabi, pas loin d’être l’équivalent de Louis de Funès en Arabie Saoudite)

(ENG)

So what is Tash Ma Tash ? Not a place, but a TV series. Running for years during the month of Ramadan in Saudi Arabia (because Ramadan is not only the Holy month, it’s also the TV-series month in the arab world). Comic TV series made up of sketches about any subject or hot social topic in the kingdom, including women’s rights and religious police … So as one can expect, it has ruffled some feathers the wrong way.

This book relates the story behind this series, and the social fact it has become in the Kingdom. The viewers’ reactions, and more generally the two main school of thought present in the Kingdom : the moderates and the radicals. The series was a huge success, the majority of the country’s population following it, from the poor worker to the king himself, and this has lasted for years, despite many a fatwa from the most important clerics of the country.

The author analyses this battle, between those in support of the show and those against, with the concept of “the forbidding spirit”. (On this note : the arab word for “forbidding”, “tahrîm”, covers both the notion of “forbidding/banning” and the notion of “sacred” … Eating pork is “harâm” (forbidden) but the Kaaba is also the Sacred House, “bayt al-harâm”. I just love these quirks of the arabic language). This forbidding spirit is what drives the radicals to see “harâm” things everywhere (and how inventive Saudi clerics can be on the matter is well known), and then go on writing a fatwa about it. So this TV series is squarely in the middle of the battle between those who want to get rid of this forbidding spirit and support the TV series which finds itself politicized, not by choice, but by its comic nature. And most of the time it seemed to have won the battle …

Sidenote : the author, sociologist and writer whom I already mentionned in other posts, is the wife of on of the two creators of the TV series (Nasser al Qasabi).

يتناول هذا الكتاب المسلسلة تاش ما تاش كظاهرة اجتماعية في المجتمع السعودي حسب المفهوم “روح التحريم” وهو ما يدفع البعض الى تحريم كل شيء وأي شيء في هذا البلد فتشرح الكاتبة كيف أصبحت المسلسلة ظاهرة مسيسة ومشهورة الى حد لا تخيل صانعوها في البداية فقط لكونها مضحكة ومتناولة قضايا اجتماعية “ساخنة”

كتاب مثير للانتباه لمن يريد أن يعرف ما هي الخطوط الحساسية في هذا البلد وكيف الضحك قد يكون أسلحة مهمة.

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سعادة السفير / Son excellence l’Ambassadeur / His Excellency the Ambassador

 

المؤلف : غازي عبد الرحمان القصيبي

 

(FRA)

D’un auteur que j’ai toujours plaisir à lire (j’en parlais déjà dans mon troisième post), voilà un roman facile à lire et distrayant: l’histoire d’un ambassadeur du «Kut» (entendre Koweït) en Grande Bretagne, et de ses déboires avec le dictateur de Nahrawan (comprendre l’Irak, «nahr» en arabe voulant dire «fleuve/rivière», et l’Irak étant souvent décrit comme le pays aux deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate) qui veut sa peau, et ajoutons à cela un triangle amoureux … Petite histoire dans la grande histoire qui est celle de l’invasion du Koweït par l’Irak. Roman qui sert aussi à découvrir quelques pans de la vie d’un ambassadeur. 

On sent l’expérience de l’écrivain qui était lui-même ambassadeur pour son pays, l’Arabie Saoudite (outre toutes les autres positions qu’il a pu tenir, y compris celle de ministre) et qui semble avoir été une des figures les plus respectées de ce pays, y compris par les critiques du régime saoudien. Critique lui-même des dirigeants du monde arabe (y compris des siens, ce qui lui a valu de se faire virer quelques fois), il est surtout connu pour le roman «L’appartement de la liberté» sur la vie de quatre jeunes bahraïnis qui viennent étudier au Caire dans les années 60 et découvre le nassérisme et un monde nouveau de façon générale.

(L’anecdote est que malgré toutes les positions que cet écrivain a occupé dans les plus haut cercles de l’Etat et les services qu’il a rendu, beaucoup de ses livres sont restés interdits dans le royaume … Pays décidément très curieux qui ne semble ne fonctionner qu’en contradictions.)

(ENG)

From an author I always like to read (and of whom I wrote about in my third post), this an easy-to-read and pleasant novel : the story of an ambassador from «Kut» (understand Koweït) to the United Kingdom and his problems with the dictator of Nahrawan (understand Iraq, «nahr» in arabis meaning «river» and Iraq being commonly referred to as «the two rivers country», Tigris and Euphrates). The dictactor wants him dead, and add to that a love triangle … Story inside History which is the iraqi invasion of Koweït. The novel also lets you see some parts of and ambassador’s life and work.

You can feel the experience of the author himself, who was ambassador to his country, Saudi Arabia. He also held numerous positions, including that of minister, and seems to have been one of the most respected figures, even by the Saudi regime critiques. He was actually a bit of a critique himself, including of his own government, which earned him a few firings … But he is most of all known for one of his novels, «Freedom appartment» (translated in English) : a story about 4 barhaïni students in Cairo discovering Nasserism and a whole new world.

(The fun fact – maybe not so fun – is that despite all of his services and works for his country, some of the authors’ books are banned in the kingdom … Which is decidedly a curious country, that seems to only work on contradictions).

 … كتاب صغير وسهل القراءة من كاتب تحدثت عنه من قبل والذي أحب كتبه دائما 

قصة عن سفير من بلاد «الكوت» (أي الكويت) في المملكة المتحدة  ودكتاتور بلاد النهروان (أي العراق) يريد قلته … وأضيف الى ذلك قصة حب. تكتشف أيضا بعض من الجوانب لحياة سفير وتخمن من خلالها التجربات المباشرة للكاتب الذي كان هو نفسه سفير للمملكة العربية السعودية. 

كاتب معروف لحياته وكل الوظيفات المختلفة الذي شغلها في بلاده وأيضا انتقاداته (التي كسبه بعض الاستقالات) ولكن فوق ذلك هو معروف جدا لكتابه «شقة الحرية» عن أربعة طلاب من   البحرين الذين يدرسون في القاهرة في زمن عبد الناصر ويكتشفون عالم جديد 

 

 

 

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طشاري / Eparpillement / Scattering

 

المؤلفة : إنعام كجه جي

 

(FRA)

Roman sélectionné pour le Prix International du Roman Arabe 2014.

Le titre fait référence à un passage du roman où un des personnages explique que le mot arabe est un mot de dialecte irakien … Représentant ici l’éparpillement de cette famille irakienne dont parle le roman, symbolisant de façon générale l’exil massif des irakiens pendant le règne de Saddam Hussein puis suite à l’invasion américaine.

Les chapitres ne se succèdent pas dans l’ordre chronologique, c’est beaucoup de flash back, et points de vue des différents personnages à divers stades de leur vie, mais le fil conducteur reste malgré tout la vie de la femme représentant la plus vieille génération encore vivante, qui fait donc allusion à travers sa vie à toute l’histoire moderne de l’Irak. Femme d’une famille chrétienne de la campagne migrant vers la ville pour élever son niveau de vie, obligée par sa famille à faire médecine (de part ses excellents résultats scolaires), métier qu’elle finit pas aimer et auquel elle se dévoue par la suite …

J’ai bien aimé l’écriture (j’ai appris des nouveaux mots) même si parfois certains mots me semblaient être mis là pour le simple plaisir de mettre un mot inhabituel.

L’histoire est intéressante pour qui s’intéresse à l’Irak, et pour qui voudrait avoir une idée de la texture sociale de ce pays il n’y a pas si longtemps … Le temps où les différentes confessions vivaient ensemble sans vraiment de soucis (juifs, chrétiens et musulmans principalement), dans un mélange de traditions et de modernité. Un personnage mentionné rapidement reflète cette ère : un chrétien prenant part, croix autour du cou, aux processions de la Achoura (shiite).

Un roman qui une fois de plus nous fait réaliser l’étendue des dégâts en ce qui concerne ce pays, les richesses humaines, culturelles et matérielles envolées, éparpillées … Comme l’Afghanistan, comme tant d’autres, arrivera-t-il un jour à retrouver un semblant de paix, à récuperer les fils de son Histoire ?

(ENG)

Long listed for the International Prize for Arabic Fiction.

The title refers to a passage of the book when one of the characters explains that this arabic word is an iraki dialectal word … Representing here the scattering of the family the novel depicts. Symbol of iraki migration in a general way, migration from the time of Hussein’s dictature, and migration after the american invasion.

The chapters don’t follow chronological order : lots of flash backs, differents characters’ point of view at some stage of their lives. But the main one remains the lady representing the oldest generation, recollecting through her life Iraq’s modern history. A woman from a poor christian family that left the countryside for the city in hope of a better life, she was forced by her family to study medicine (because of good school results). Medical career she will learn to love and dedicate her life to.

I liked the style fo writing (learned lots of new words), though it seemed sometimes to me that the author put unusual words for the sheer principle of it, and not out of narrative or aesthetic necessity.

The story is interesting for who is into iraqi stuff, and for who wants to get an idea of Iraq’s  social fabric not so long ago … A time when the different confessions lived together with not so many problems (jews, christians and muslims), in a mix of traditions and modernity. A character is briefely mentionned that sums it up : a christian guy taking part in an shia Achura procession, his cross around his neck.

A novel that makes us once more realize the extent of the damage this country has undergone. So many human and cultural and material riches gone with the wind … Scattered. Like Afghanistan, and so many others, will it get some of it back ?

رواية تتبع قصة عائلة عراقية عبر التاريخ المعاصر للبلاد … كلمة العنوان من اللهجة العراقية حسب شرح واحدة من الشخصيات في الكتاب وهي رمز للهجرة اللامتناهية من العراقيين فبل وبعد الغزو الأميريكي … كتاب تجعلك تكتشف أيام كانوا الناس يعيشون بدون مشاكل يُذكر وهم من طوائف مختلفة , من اليهود والمسيحيين والمسلمين … مشاكل سياسية دائما ولكن المشاكل الاجتماعية كانت نفسها من أي بلد في العالم. رواية تجعلك تتساءل عن مسيرة بلد مدمرة الى هذا الحد واختفت ثرواته الانسانية والثقافية والمادية.

القصة تدور عموما حول حياة المرأة التي تمثل الجيل الأكبر على قيد الحياة : امرأة من عائلة مسيحية فقيرة هجرت الى المدينة لتحسين العيش وتعطي بنتها الفرصة الدراسية : أُجبرت على دراسة الطب بسبب علاماتها الممتازة ولكنها تغدو تحب عملها وتكرس حياتها له.

 

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العولمة في الخليج / La mondialisation dans le Golfe / Globalisation in the Gulf

عنوان كامل : وقع العولمة في مجتمعات الخليج العربي ـ دبي والرياض أنموذجان

المؤلفة  : ــ د. بدرية البشر

Titre : L’impact de la mondialisation dans les sociétés du Golfe arabe – exemples de Dubaï et Riyadh (Auteur  Badria Al Bishr)

Title : The Impact of Globalization on Arab Gulf Societies –  Dubaï and Ryadh as examples (Author : Badria Al Bishr)

FRA

Thèse de sociologie soutenue à l’université libanaise il y a quelques années, publiée en 2008. Ecrite par une auteur saoudienne dont je connaissais déjà les romans, et dont je me fais un but d’acheter tous les ouvrages … Dans ce livre, beaucoup de tableaux et de statistiques et de choses qui ne nous intéressent pas immédiatement et dont les résultats sont tous résumés à la fin de toute façon, mais le deuxième et le troisième chapitre sont vraiment intéressants.

L’auteur nous donne un aperçu sur ce que sont les sociétés du Golfe en se basant sur les ouvrages académiques publiés sur le sujet, sur les sujets auxquels on peut s’attendre : la structure tribale de la société et ses changements (avant/après pétrole), l’économie, les sentiments des citoyens vis-à-vis de l’évolution ultra-rapide de leur société et du fait, comme à Dubaï, d’être complètement minoritaires numériquement par rapport aux immigrés, la mise en patrimoine d’éléments traditionnels via des moyens ultra-modernes (comme le Janadryah Festival).

L’auteur veut donc s’intéresser à l’impact de la mondialisation sur ces sociétés du Golfe en prenant la plus libérale (Dubaï) et la plus conservatrice (Riyadh). Mais il y a des limites : elle ne peut s’intéresser qu’aux personnes exerçant des métiers à fort revenus, et non pas à une grande partie de la population qui, par pauvreté ou désintérêt*, n’utilise pas ce qu’elles définit comme «moyens de mondialisations» (le téléphone portable, internet et les chaînes satellites). L’autre limite pour moi et le fait que l’étude se base sur des questionnaires plutôt que des enquêtes ethnologiques, mais d’un autre côté, c’est de la sociologie, pas de l’anthropologie. Mais malgré ces restrictions, on arrive à voir une légère différence entre les deux villes : une attitude plus méfiante à Riyadh qu’à Dubaï, mais bizarrement, pas plus négative. La plupart des personnes interrogées sont assez positives sur ces «moyens». On note aussi que c’est le portable qui est le moyen le plus utilisé, plus qu’internet et le satellite … Mais cette étude date un peu et aujourd’hui les pistes seraient plus brouillées entre les 3 moyens qu’elle prend comme exemple, puisqu’on peut maintenant tout avoir sur les portables.

En tous cas il en ressort l’impression d’une fierté prononcée des locaux pour leur culture comme pour faire face à tout le reste et à leurs pays qui ne ressemblent plus à rien de ce que même les générations des grand-pères ont connu, mais on ne voit pas un rejet de la mondialisation. Au contraire, une ouverture, parfois méfiante du fait du contexte géopolitique, mais souvent positive (et ce malgré les fatwas à Riyadh qui voudraient interdire ces «moyens de mondialisation» et les censures diverses et variées**).

J’ai même été amusée par un des questionnaires, où l’auteur demande pose des questions sur la perception des qualités de «l’arabe du Golfe» par rapport à «l’occidental» (bien que ces désignations même posent problème à mon avis) : les personnes interrogées (tous citoyens de Riyadh ou Dubaï) se désignent sans problème comme étant «fainéants» et «pas ponctuels» par rapport à l’occidental qu’ils voient comme ponctuel et travailleur … Mais menteur !

(Mais cela relève plus de l’anecdote, ce genre de question nécessiterait plutôt une enquête ethnologique que des questionnaires à mon humble avis).

* Contrairement au cliché, il y a effectivement des pauvres dans ces sociétés … Parmi les immigrés certes, mais aussi parmi les citoyens.

** Curieusement, les censures servent cette acception positive de la mondialisation : le fait que la plupart des programmes «mauvais» (style télé réalité ou toutes ces dauberies dont on se passerait bien nous-mêmes, montrant trop de chair ou autres sujet à «scandale» pour une société conservatrice) soient censurés, il ne reste donc que les programmes neutres ou instructifs, style reportage animalier. Ce qui fait que l’avis de la plupart des gens dans le Golfe … est positif ! Et même améliore par la même occasion l’image de l’occident (comme auteur de programmes intelligents). Qui l’eût cru ?

ENG

Thesis in sociology, defended in the Lebanese University, and published in 2008. Written by an Saudi author I already knew from her novels. I’m trying to get all of her books anyway. In this one, lots of graphics and tables and statistics and stuff but everyhting is summarised at the end anyway. Aside from making me learn technical words, the second and third chapters are really interesting.

The author sums up facts and ideas about Gulf countries from other academical books on this subject, and themes one might expect : the tribal structure of these societies (before/after oil), economy, feelings and views of locals on the rapid change undergone by their countries and the fact that they are a numerical minority compared to immigrants (like in Dubaï), the heritage and how very traditionnal elements are presented by very modern means (like the Janadryah Festival).

The author wants to study the impact of globalization on Gulf countries by taking the most liberal one, Dubaï, and the most conservative, Riyadh, as examples. But there are limits : she can only study this by questionning people who have high revenue jobs, people who actually use the «globalisation means» she base her study on (mobile phone, satellite channels and internet). Poorer people* or those who are not using these are left aside. The other limit for me is that the study is based on questionnaires and not ethnological study, but that is to be expected, since it’s a sociology thesis, not a social anthropology one. But despite these restrictions, we manage to see a difference between the two cities : a more suspicious attitude towards globalization in Riyadh than Dubaï, but surprisingly, not more negative. And we note that it’s the mobile phone that is most used in both places, even though this study is a bit old, because the frontiers between these «means» are now blurred : you get everything on your mobile …

Anyway, you get the impression of a pride in their own culture and identity from the locals, as a way to face the rest and their countries that don’t look like what their grand fathers have known at all, but there is no rejection of globalisation as a whole. On the contrary, there is an open attitude, sometimes wary like in Riyadh but positive, and despite what some fatwas would like to do in banning everything «new» and censorships.**

I laughed also reading the results of a questionnaire in particular, where the author asks people about what qualities best describes «arabs» as opposed to «westerners» (even if these definitions themselves are problematic) : the Gulf nationals answering the question didn’t hesitate in describing themselves as «slack» and «not respectful of time» as compared to the westerner who «loves work» and «is on time» … But also is a «liar» ! (but this is more anedoctical, I wouldn’t take such a question at face value).

*Yes, contrary to the cliché, not every Gulf citizen is rich …

** Curiously, censorship seems to work in favor of globalisation : the fact that most «bad» shows are banned (stupid shows we could well get rid off ourselves, like reality TV, showing too much flesh and other «scandalous» stuff to conservatives) leave room for only neutral or interesting programs, such as National Geographic-style documentaries, etc. And that makes the views of most of Gulf nationals positive towards TV and foreign stuff. And enhances locals’ esteem toward the West, as a producer of intelligent stuff. Who would have guessed ?

كتاب صدر قبل ٦ سنوات وهو أطروحة للدكتورة بدرية البشر مشهورة لرواياتها وقد قرأت بعض منها وأنوي أن أشتري كل ما كتبها … هذه الأطروحة تتعلق مع العولمة في نظرية ناس الخليج وتقوم ببحثها مع استبانات عن مواضيع مختلفة وأهمها استخدام النلس لما تسمي وسائل العولمة أي شبكة الإنترنت والجوال والقنوات الفضائية.

ويبدو أن أهل الرياض أكثر تحفظا من أهل دبي كما يمكننا أن نتخيل ولكن ليس بالضرورة أكثر سلبية … وما اهتمت به كثيرا هو الفصل الثاني والثالث للكتاب حيث تتحدث عن المجتمع الخليجية بشكل عام وكل ما لا نعرفه نحن الأجانب عن بنية الاجتماع القبلي والتغيرات الكبيرة السريعة مرت بها بلدان الخليج … فيبدو لنا أن الخليجيين يريدون أن يحفظون على ثقافتهم ويفتخرون بها كأن ذلك يساعدهم في مواجهة كل هذه التغيرات والكم الكبير من العمال الأجانب … ففي أروبا مثلا لا نتخيل أن بعض الناس مثل أهل دبي يعيشون كأقلية رقمية داخل بلدهم ! ولا شخص أروبي سيقبل بسهولة مثل هذا الوضع في بلده …

واستغربت أيضا وكنت أقرأ أن الخليجيين الذين أجابوا على الاستبانات يصون أنفسهم «كسليين» و «لا يحترمون الوقت» عكس مما يقولون في نفس الاستبانة عن الغربيين …غريب أن يقبلون صفات سلبية بدون أن ندرس ما معنى أن تكون كسلان وفي أي سياق … أنا لا أفكر أن يمكننا أن نقارن بهذه السهولة صفات متعلقة بثقافات وأوضاع اقتصادية مختلفة جدا …

على العموم أحببت هذا الكتاب وتعلمت بعض الاشياء ما توقعتها : مثل الدور الايجابي للرقابة في صالح الغرب وصورته عند الخليجيين : لأن بسبب حظر البرامج والقنوات السخيفة لا قيمة لها التي تثير «الفضيحة» فيبقى فقط البرامج الذكية والمثير للاهتمام فتصبح بلدان الغرب التي ينتجون هذه البرامج «ممثلة» بهذه البرامج الايجابية …

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