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“مسامير” و” خمبلة” : Deux séries à voir / Two Must-Watch Series

(disponibles sur youtube/on youtube)

مسامير :

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(FRA)

La première, “clous”, est un dessin animé humoristique qui passe en revue quelques sujets de société en Arabie Saoudite, et dont le ton se rapproche beaucoup de la série américaine “Daria”. Personnages plus ou moins récurrents qui représentent tous un certain trait de caractère : l’intelligent désabusé, le débile, le prof un peu bizarre, un chien qui parle … Et des pixels (représentés comme petit trucs carrés de couleurs, avec jambes et bras, qui parlent. Les autres personnages les appellent parfois simplement les “carrés”).

Pas besoin de connaître le dialecte nejdi parfaitement pour comprendre le gros de l’histoire (on reste tout au plus frustré de ne pas pouvoir comprendre toutes les blagues et références). On se rigole ne serait-ce que des personnages eux-mêmes et de leur façon de bouger ou de parler. C’est en tous cas une très bonne façon de découvrir cette société habituellement présentée comme austère …

(Un grand merci à Nicole de The Same Rainbow’s End qui me l’a fait découvrir dans son article).

(ENG)

This one, “nails”, is a cartoon that goes over some more of less important society issues in a humouristic manner. The tone of the cartoon (and the drawing itself) feels close to the american cartoon “Daria”. There some recurrent characters : the smart but disillusioned student, the stupid guy, the weird teacher, a talking dog … And pixels. (Pixels are represented as little coloured talking squares, with arms and legs. And the other characters sometimes just call them “squares”).

No need to understand the nejdi dialect to understand the main storyline (but it can be frustrating not to understand every joke and reference). You can have a good time just by watching the characters themselves and how they move and talk. Anyway, it’s a good way to discover a society that is most of the time presented to us in a stark manner. (Speaking of stark (leading to Starks), there is a little reference to Game of Thrones in this episode).

(A great thank you to Nicole of The Same Rainvow’s End who made me discover it through her post).

خمبلة :

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(FRA)

Petite série d’épisodes courts, dont les sujets tournent souvent autour des étudiants saoudiens à l’étranger, sur le ton de l’humour, et les situations qu’ils peuvent rencontrer. Moitié en anglais, moitié en arabe, là non plus, ne pas tout comprendre du dialecte n’est pas trop un problème …

PS : Pour les saoudophiles comme moi qui se sont longtemps posé la question “qu’est-ce donc que ce jeu de carte, baloot, que l’on retrouve partout dans leurs séries ?” (et dans cet épisode) … Un exotisme qui n’en est pas un : ce n’est rien d’autre que la belotte !

(ENG)

Little series of short episodes, whose subjects are mainly about Saudi students overseas, and what they might experience there. Humouristic, half in english, half in arabic, you also don’t need to absolutely understand everything to enjoy it …

PS : For the saudophiles like me who wondered for a long time what was this card game, baloot, you see in every saudi TV series (and in this episode) … Well, it’s not that exotic (not for french people at least). It’s nothing else than “belotte”, a card game widely played in France, especially by older people. I would never have thought it was played anywhere else on earth !

Et bien sûr pour qui ne connaît encore pas, allez voir “Shankaboot”, série-web libanaise (ici sous-titrée en anglais, mais il me semble que le site d’Arte l’avait proposé en sous-titré français) :

And of course, for those who don’t know it yet, there is “Shankaboot”, web TV series from Lebanon (subtitled in english !):

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أما بعد / Souvenirs d’un séfarade / Memories of a Sefarad

المؤلف : وليد الرجيب

(FRA)

Titre impossible à traduire mot à mot. “Amma ba’d” est une expression typiquement arabe pour la correspondance : on met ces deux mots après les “salams” (et bismillah etc) pour introduire le vif du sujet. Ici, c’est la façon dont le personnage principal, Yacoub, a l’habitude d’introduire toute histoire qu’il raconte, même à l’oral (ce qui fait rire ses interlocuteurs puisque cette expression n’est normalement utilisée qu’à l’écrit).

La narration se divise selon deux “temps”, en alternance de chapitre à chapitre : un temps où le narrateur suit la vie du personnage, qu’il raconte lui même, et un temps où le narrateur décrit les visites d’un réalisateur et son équipe de tournage qui viennent enregistrer l’histoire de la vie de ce personnage . Ce réalisateur lui pose des questions, et le narrateur décrit les réactions de chacun, et la vie actuelle de Yacoub, qui est vieux et malade (il y a d’ailleurs des descriptions très bien faites pour ce personnage vieux et malade) .

Yacoub décrit donc sa vie, juif né au Koweït dans une famille d’origine irakienne, forcé de migrer en Israël après sa création, et cherchant depuis toujours l’amour de sa vie, premier amour d’enfance, Sarah, juive irakienne. Roman simple et rapide à lire mais très intéressant en ce qu’il nous fait découvrir un autre aspect négatif, et peu connu, des suites de la création d’Israël : l’exode massif, plus ou moins forcé, des juifs vivant dans les pays arabes. Tout comme la plupart des palestiniens se sont trouvés amputés de leur pays, les sociétés arabes se sont retrouvées amputées de tout un pan de leur tissu social dont il ne reste plus beaucoup de traces. L’auteur a également le grand mérite de décrire la vie des juifs au Koweït de façon réaliste : ce n’était pas l’enfer comme en Europe des années 40, mais ce n’était pas tout rose non plus. C’était la vie plus ou moins difficile d’une minorité dans des sociétés traditionnelles, comme partout. Les personnages sont diversifiés aussi, la “stupidité” étant répartie dans chaque segment social (on a le père de Sarah extrémiste tout comme des gamins musulmans racistes dans le quartier).

C’est en tous cas très intéressant et à l’encontre des idées habituelles qu’un auteur du Golfe écrive tout un livre sur la vie des séfarades, et parsème les dialogues de phrases en hébreu translittérées en arabe (et traduites dans les marges).

(ENG)

The title is impossible to translate literally. “Amma ba’d” is typically used in correspondence : you put it after the “salams” (and bismillah etc) and before delving into the subject. Here the main character Yacoub uses it to begin any story or speech he tells orally, which make his listeners laugh because it’s a phrase that is only ever used in writing.

The narrative is twofold, two “times” alternating with every chapter. A time for the story Yacoub narrates with his words, the story of his life, and a time where a film maker and his crew visit him, in his old age, to record him telling his story. So you read about the reactions of the film maker and his crew towards this old and sick man (and there is some really good and concise descriptions, about being old and sick).

So Yacoub narrates his life, as a Jew born in Kuwait in a family of iraqi origins, and forced to migrate to Israel after its creation, and ever since then looking for his childhood love, the love of his life, Sarah (iraqi Jew). Simple and quickly read, this novel is interesting in that it makes us discover another negative aspect – and pretty much unknown – of the consequences of Israel’s creation : the massive exodus, more or less forced, of the arab-jewish populations. And as most palestinians found themselves cut off their land, the arab societies found themselves cut off from a important part of their social fabric : the arab-Jews and their activities and culture. The author has also the great merit of writing about the Jews’ life in Kuwait in a realistic manner : no hell like Europe in the 40’s, but no paradise either. Just the normal and more or less hard life of a minority in a traditionnal society, like is the case for all minorities everywhere. And the characters are diversified, stupidity being found everywhere, from Sarah’s misogynist and extremist father to the racist muslim kids of the neighbourhood.

And so this is interesting and against the mainstream ideas that an author from a Gulf country should write a whole book about Sefarad Jews and dropping phrases in hebrew in the dialogues (transliterated to arabic and translated in footnotes), without being himself jewish.

رواية جميلة حول حياة يهودي من الكويت الذي أضطر الى الفرار من بلده بعد النكبة … ينكشف المؤلف جانب غير معروفا من النكبة وإقامة “الدولة الإسرائلية” وهو الهجرة القسرية (معظم الوقت بسبب التوتر الاجتماعي بعد ما حدث في فلسطين) من الجزء اليهودي من المجتمعات العربية … يهوديون الذين معظمهم لا أرادوا شيئا الا البقاء في بلدهم العربي وما يكترثوا بالمشروع الصهيوني …  وهنا يتناول الكتاب نوعا من السيرة الذاتية ليهودي عربي يبحث عن حبيبته من الطفولة والفراق ولا يزال يشعر بالحنين الى بلده الأصلي الكويت وصديقه كم الطفولة المسلم.

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Bonne nouvelle, traduction en français d’un roman que je compte lire cet été : le gagnant du “Booker Prize” arabe de 2010 … Voilà un bon aperçu.

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May 24, 2014 · 18:55

Le mythe des Trois Tabous / The Myth of the Three Taboos / خرافة التابوهات الثلاثة

(FRA)

J’ai dû en parler certainement ailleurs, mais je voudrais revenir rapidement sur ce que rabâchent beaucoup de profs de littérature arabe, et qui commence à me “courir sur le haricot” … Les trois tabous de la littérature arabe. A croire que ces profs de littérature (et autres intellectuels) ne lisent pas les livres dont ils sont sensés être les spécialistes : paraîtrait-il que la littérature arabe n’ose jamais aborder les sujets de sexe, de politique et de religion. (Tiens c’est d’ailleurs aussi le genre de sujet qu’il vaut mieux éviter en repas de famille si on ne veut pas que ça dégénère …). Mais comme cet exemple le montre, ainsi qu’une infinité d’autres, ces trois sujets tabous sont amplement présents dans les romans arabes …

Que les sociétés arabes soient “timides” dans l’espace public en ce qui concerne ces trois sujets (encore qu’en politique, je trouve qu’il y a un peu trop de révolutions, de chants anti-régimes et de renversements politiques dans les pays arabes pour encore penser que la politique soit taboue), cela est peut-être plus ou moins vrai. Plus ou moins car au Liban, je ne vois pas tellement en quoi la religion est taboue, tellement tout le monde s’affiche selon la sienne et que la société dans tous ses recoins est organisée selon ses 18 “sectes” religieuses reconnues. Quant au sexe, allons bon, il est vrai que certaines régions sont plus conservatrices que d’autres, et qu’on en parle pas trop en public. Mais est-ce que ne pas pouvoir débattre de ses exploits sexuels sur un plateau de téléréalité est une perte pour la civilisation ? Je ne sais pas. En tous cas, on n’en parle pas beaucoup sur la place publique, mais il ne s’en passe pas moins de choses … Et les langues se délient dans certains contextes de façon beaucoup osée qu’on ne le penserait. En tous cas, sur ces sujets, il devient utile de se reporter à la littérature.

Trois tabous sociaux donc, éventuellement, mais tabous littéraires ? Haha. Au contraire, je dirais même que parce que l’espace public n’est pas toujours ouvert à ces tabous, ils viennent s’éclater en littérature. Le premier livre en arabe que j’ai lu (qui aura bientôt son post), “les filles de Riyadh”, tombait en plein là dedans. (D’accord, pas beaucoup de politique …). Qui de plus est, ce livre sortait tout droit du pays le plus conservateur de la région, ce qui a aidé dans sa publicité d’ailleurs, rien de mieux qu’un bon scandale pour vendre un livre qui aurait passé inaperçu en France. Donc voilà peut être est le point de friction :  les “tabous” font scandale pour certains livres (bien qu’il ne s’agisse pas forcément des plus “osés”, ce qui est curieux). Ces dit livres se retrouveront sûrement interdits de vente dans certains pays, du fait du scandale. Donc on appelle ces sujets, source de scandale, “tabous”. Mais ils sont bel et bien là, dans d’innombrables livres, et pas seulement les quelques uns dont on entend parler (comme les Filles de Riyadh), relativement inoffensifs comparé à d’autres. Je croyais qu’un tabou était un sujet dont personne ne parlait, un vrai interdit. Il faudrait dans ce cas renommer tout ça “les trois sources de scandale occasionnel”. Mais c’est moins vendeur, et ça casse cette image orientaliste à laquelle on tient tellement pour une raison ou une autre, celle des sociétés arabes culturellement sous-évoluées, bloquées à un stade de puritanisme que l’on croit avoir dépassé en Europe depuis longtemps …

(ENG)

I might have mentionned it already, but I want to talk a bit more about a subject raised by many an arabic literature teacher, and which annoys me more and more … This subject is “The three taboos of arabic literature”. You would think these teachers (and other intellectuals) would read and know better about what they are supposed to be specialised in : because according to everyone of them I met up until now, there is three taboos in arabic literature, namely sex, politics and religion. (They happen to be also the three subjects one will want to avoid in a family gathering if one wants to have a quiet time !). But contrary to what they say, these three subject are to be amply found in arabic literature …

That these are taboos in arab societies, it may be true. Even if I have some doubts about the political one : too many revolutions, civil wars and anti-regime songs going on about to really think politics is off limits in the public space. And religion : in Lebanon you have 18 official “sects” which rules almost everything, even politics, church bells and muezzins all together … And ok, sex maybe is really taboo. Sort of. I don’t think not being able to talk about one’s sex life on a reality TV show is a great and significant lack of civilisation, but well, sex abound, it’s just that you can’t talk about it with anyone. (And it’s not as puritanical as you might think). Anyway, better to get back to the literary space.

So, social taboos maybe, but not literary ones. On the contrary, I would say that because the public space is not always open to these taboos, they revel in literature … The first book I read in arabic (and which is goint to have its very own post), “The Girls of Riyadh”, is precisely full of it. (Okay, not so much politics … ). And it came from the most conservative country of the middle east, which helped sparking the scandal that made such a marketing success for a book that would have been otherwise overlooked in France. So here is maybe the key to the misunderstanding : these “taboos” create a scandal about a book (books that are not even that scandalous compared to others that go quite unoticed, go figure), and then the scandal might lead to the ban of said book in some countries. So these subjects provoking scandal are names “taboos”. But there are fully there, everywhere, in almost every book I ever read in arabic. I though a taboo was something one was really forbidden to talk about … So we should rename all of these “the three subjects that might occasionally spark a scandal”. But it doesn’t look so good anymore for the marketing business … And it dangerously breaks the image we love having of an arab world culturally slightly inferior to us, a world stuck in some puritanical age we westerners think having let go of long ago …

أتكلم هناك عن ما يراودونه كثير من أساتذتي في الأدب العربية وهو فكرة التابوهات الثلاثة في الأدب : الجنس والسياسة والدين. وطالما استغربت من وصفها “تابوهات” : ففي كل رواية قرأتها تقريبا وجدت موضوع الجنس أو السياسة أو الدين أو الثلاثة معا. فما علاقة التابو وهو موضوع ممنوع التكلم عنه وبين هذه المواضيع نجدها في الكتب باللغة العربية ؟ قد تكون هذه المواضيع حساسة وتسبب الفضيحة (لصالح الناشر الذي سيبيع الكتاب أكثر مثلما حدث ل”بنات الرياض”) ولكن ليست تابوهات. وأكثر من ذلك أعتقد أن كون الجنس والدين والسياسة حساسة في الساحة العامة في البلدان العربية تجعلها موجودة بكثرة في الأدب !

على كل حال تسميتها “تابوهات” هي عادة سهلة في الغرب حيث نحب الحفاظ على صورة من العالم العربي كعالم متخلف قليلا في الأدب وغائص في زمان من القمع الأخلاقي الذي نفكر نحن الغربيين أن تخلينا عنه منذ زمان …

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