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العولمة في الخليج / La mondialisation dans le Golfe / Globalisation in the Gulf

عنوان كامل : وقع العولمة في مجتمعات الخليج العربي ـ دبي والرياض أنموذجان

المؤلفة  : ــ د. بدرية البشر

Titre : L’impact de la mondialisation dans les sociétés du Golfe arabe – exemples de Dubaï et Riyadh (Auteur  Badria Al Bishr)

Title : The Impact of Globalization on Arab Gulf Societies –  Dubaï and Ryadh as examples (Author : Badria Al Bishr)

FRA

Thèse de sociologie soutenue à l’université libanaise il y a quelques années, publiée en 2008. Ecrite par une auteur saoudienne dont je connaissais déjà les romans, et dont je me fais un but d’acheter tous les ouvrages … Dans ce livre, beaucoup de tableaux et de statistiques et de choses qui ne nous intéressent pas immédiatement et dont les résultats sont tous résumés à la fin de toute façon, mais le deuxième et le troisième chapitre sont vraiment intéressants.

L’auteur nous donne un aperçu sur ce que sont les sociétés du Golfe en se basant sur les ouvrages académiques publiés sur le sujet, sur les sujets auxquels on peut s’attendre : la structure tribale de la société et ses changements (avant/après pétrole), l’économie, les sentiments des citoyens vis-à-vis de l’évolution ultra-rapide de leur société et du fait, comme à Dubaï, d’être complètement minoritaires numériquement par rapport aux immigrés, la mise en patrimoine d’éléments traditionnels via des moyens ultra-modernes (comme le Janadryah Festival).

L’auteur veut donc s’intéresser à l’impact de la mondialisation sur ces sociétés du Golfe en prenant la plus libérale (Dubaï) et la plus conservatrice (Riyadh). Mais il y a des limites : elle ne peut s’intéresser qu’aux personnes exerçant des métiers à fort revenus, et non pas à une grande partie de la population qui, par pauvreté ou désintérêt*, n’utilise pas ce qu’elles définit comme «moyens de mondialisations» (le téléphone portable, internet et les chaînes satellites). L’autre limite pour moi et le fait que l’étude se base sur des questionnaires plutôt que des enquêtes ethnologiques, mais d’un autre côté, c’est de la sociologie, pas de l’anthropologie. Mais malgré ces restrictions, on arrive à voir une légère différence entre les deux villes : une attitude plus méfiante à Riyadh qu’à Dubaï, mais bizarrement, pas plus négative. La plupart des personnes interrogées sont assez positives sur ces «moyens». On note aussi que c’est le portable qui est le moyen le plus utilisé, plus qu’internet et le satellite … Mais cette étude date un peu et aujourd’hui les pistes seraient plus brouillées entre les 3 moyens qu’elle prend comme exemple, puisqu’on peut maintenant tout avoir sur les portables.

En tous cas il en ressort l’impression d’une fierté prononcée des locaux pour leur culture comme pour faire face à tout le reste et à leurs pays qui ne ressemblent plus à rien de ce que même les générations des grand-pères ont connu, mais on ne voit pas un rejet de la mondialisation. Au contraire, une ouverture, parfois méfiante du fait du contexte géopolitique, mais souvent positive (et ce malgré les fatwas à Riyadh qui voudraient interdire ces «moyens de mondialisation» et les censures diverses et variées**).

J’ai même été amusée par un des questionnaires, où l’auteur demande pose des questions sur la perception des qualités de «l’arabe du Golfe» par rapport à «l’occidental» (bien que ces désignations même posent problème à mon avis) : les personnes interrogées (tous citoyens de Riyadh ou Dubaï) se désignent sans problème comme étant «fainéants» et «pas ponctuels» par rapport à l’occidental qu’ils voient comme ponctuel et travailleur … Mais menteur !

(Mais cela relève plus de l’anecdote, ce genre de question nécessiterait plutôt une enquête ethnologique que des questionnaires à mon humble avis).

* Contrairement au cliché, il y a effectivement des pauvres dans ces sociétés … Parmi les immigrés certes, mais aussi parmi les citoyens.

** Curieusement, les censures servent cette acception positive de la mondialisation : le fait que la plupart des programmes «mauvais» (style télé réalité ou toutes ces dauberies dont on se passerait bien nous-mêmes, montrant trop de chair ou autres sujet à «scandale» pour une société conservatrice) soient censurés, il ne reste donc que les programmes neutres ou instructifs, style reportage animalier. Ce qui fait que l’avis de la plupart des gens dans le Golfe … est positif ! Et même améliore par la même occasion l’image de l’occident (comme auteur de programmes intelligents). Qui l’eût cru ?

ENG

Thesis in sociology, defended in the Lebanese University, and published in 2008. Written by an Saudi author I already knew from her novels. I’m trying to get all of her books anyway. In this one, lots of graphics and tables and statistics and stuff but everyhting is summarised at the end anyway. Aside from making me learn technical words, the second and third chapters are really interesting.

The author sums up facts and ideas about Gulf countries from other academical books on this subject, and themes one might expect : the tribal structure of these societies (before/after oil), economy, feelings and views of locals on the rapid change undergone by their countries and the fact that they are a numerical minority compared to immigrants (like in Dubaï), the heritage and how very traditionnal elements are presented by very modern means (like the Janadryah Festival).

The author wants to study the impact of globalization on Gulf countries by taking the most liberal one, Dubaï, and the most conservative, Riyadh, as examples. But there are limits : she can only study this by questionning people who have high revenue jobs, people who actually use the «globalisation means» she base her study on (mobile phone, satellite channels and internet). Poorer people* or those who are not using these are left aside. The other limit for me is that the study is based on questionnaires and not ethnological study, but that is to be expected, since it’s a sociology thesis, not a social anthropology one. But despite these restrictions, we manage to see a difference between the two cities : a more suspicious attitude towards globalization in Riyadh than Dubaï, but surprisingly, not more negative. And we note that it’s the mobile phone that is most used in both places, even though this study is a bit old, because the frontiers between these «means» are now blurred : you get everything on your mobile …

Anyway, you get the impression of a pride in their own culture and identity from the locals, as a way to face the rest and their countries that don’t look like what their grand fathers have known at all, but there is no rejection of globalisation as a whole. On the contrary, there is an open attitude, sometimes wary like in Riyadh but positive, and despite what some fatwas would like to do in banning everything «new» and censorships.**

I laughed also reading the results of a questionnaire in particular, where the author asks people about what qualities best describes «arabs» as opposed to «westerners» (even if these definitions themselves are problematic) : the Gulf nationals answering the question didn’t hesitate in describing themselves as «slack» and «not respectful of time» as compared to the westerner who «loves work» and «is on time» … But also is a «liar» ! (but this is more anedoctical, I wouldn’t take such a question at face value).

*Yes, contrary to the cliché, not every Gulf citizen is rich …

** Curiously, censorship seems to work in favor of globalisation : the fact that most «bad» shows are banned (stupid shows we could well get rid off ourselves, like reality TV, showing too much flesh and other «scandalous» stuff to conservatives) leave room for only neutral or interesting programs, such as National Geographic-style documentaries, etc. And that makes the views of most of Gulf nationals positive towards TV and foreign stuff. And enhances locals’ esteem toward the West, as a producer of intelligent stuff. Who would have guessed ?

كتاب صدر قبل ٦ سنوات وهو أطروحة للدكتورة بدرية البشر مشهورة لرواياتها وقد قرأت بعض منها وأنوي أن أشتري كل ما كتبها … هذه الأطروحة تتعلق مع العولمة في نظرية ناس الخليج وتقوم ببحثها مع استبانات عن مواضيع مختلفة وأهمها استخدام النلس لما تسمي وسائل العولمة أي شبكة الإنترنت والجوال والقنوات الفضائية.

ويبدو أن أهل الرياض أكثر تحفظا من أهل دبي كما يمكننا أن نتخيل ولكن ليس بالضرورة أكثر سلبية … وما اهتمت به كثيرا هو الفصل الثاني والثالث للكتاب حيث تتحدث عن المجتمع الخليجية بشكل عام وكل ما لا نعرفه نحن الأجانب عن بنية الاجتماع القبلي والتغيرات الكبيرة السريعة مرت بها بلدان الخليج … فيبدو لنا أن الخليجيين يريدون أن يحفظون على ثقافتهم ويفتخرون بها كأن ذلك يساعدهم في مواجهة كل هذه التغيرات والكم الكبير من العمال الأجانب … ففي أروبا مثلا لا نتخيل أن بعض الناس مثل أهل دبي يعيشون كأقلية رقمية داخل بلدهم ! ولا شخص أروبي سيقبل بسهولة مثل هذا الوضع في بلده …

واستغربت أيضا وكنت أقرأ أن الخليجيين الذين أجابوا على الاستبانات يصون أنفسهم «كسليين» و «لا يحترمون الوقت» عكس مما يقولون في نفس الاستبانة عن الغربيين …غريب أن يقبلون صفات سلبية بدون أن ندرس ما معنى أن تكون كسلان وفي أي سياق … أنا لا أفكر أن يمكننا أن نقارن بهذه السهولة صفات متعلقة بثقافات وأوضاع اقتصادية مختلفة جدا …

على العموم أحببت هذا الكتاب وتعلمت بعض الاشياء ما توقعتها : مثل الدور الايجابي للرقابة في صالح الغرب وصورته عند الخليجيين : لأن بسبب حظر البرامج والقنوات السخيفة لا قيمة لها التي تثير «الفضيحة» فيبقى فقط البرامج الذكية والمثير للاهتمام فتصبح بلدان الغرب التي ينتجون هذه البرامج «ممثلة» بهذه البرامج الايجابية …

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