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أما بعد / Souvenirs d’un séfarade / Memories of a Sefarad

المؤلف : وليد الرجيب

(FRA)

Titre impossible à traduire mot à mot. “Amma ba’d” est une expression typiquement arabe pour la correspondance : on met ces deux mots après les “salams” (et bismillah etc) pour introduire le vif du sujet. Ici, c’est la façon dont le personnage principal, Yacoub, a l’habitude d’introduire toute histoire qu’il raconte, même à l’oral (ce qui fait rire ses interlocuteurs puisque cette expression n’est normalement utilisée qu’à l’écrit).

La narration se divise selon deux “temps”, en alternance de chapitre à chapitre : un temps où le narrateur suit la vie du personnage, qu’il raconte lui même, et un temps où le narrateur décrit les visites d’un réalisateur et son équipe de tournage qui viennent enregistrer l’histoire de la vie de ce personnage . Ce réalisateur lui pose des questions, et le narrateur décrit les réactions de chacun, et la vie actuelle de Yacoub, qui est vieux et malade (il y a d’ailleurs des descriptions très bien faites pour ce personnage vieux et malade) .

Yacoub décrit donc sa vie, juif né au Koweït dans une famille d’origine irakienne, forcé de migrer en Israël après sa création, et cherchant depuis toujours l’amour de sa vie, premier amour d’enfance, Sarah, juive irakienne. Roman simple et rapide à lire mais très intéressant en ce qu’il nous fait découvrir un autre aspect négatif, et peu connu, des suites de la création d’Israël : l’exode massif, plus ou moins forcé, des juifs vivant dans les pays arabes. Tout comme la plupart des palestiniens se sont trouvés amputés de leur pays, les sociétés arabes se sont retrouvées amputées de tout un pan de leur tissu social dont il ne reste plus beaucoup de traces. L’auteur a également le grand mérite de décrire la vie des juifs au Koweït de façon réaliste : ce n’était pas l’enfer comme en Europe des années 40, mais ce n’était pas tout rose non plus. C’était la vie plus ou moins difficile d’une minorité dans des sociétés traditionnelles, comme partout. Les personnages sont diversifiés aussi, la “stupidité” étant répartie dans chaque segment social (on a le père de Sarah extrémiste tout comme des gamins musulmans racistes dans le quartier).

C’est en tous cas très intéressant et à l’encontre des idées habituelles qu’un auteur du Golfe écrive tout un livre sur la vie des séfarades, et parsème les dialogues de phrases en hébreu translittérées en arabe (et traduites dans les marges).

(ENG)

The title is impossible to translate literally. “Amma ba’d” is typically used in correspondence : you put it after the “salams” (and bismillah etc) and before delving into the subject. Here the main character Yacoub uses it to begin any story or speech he tells orally, which make his listeners laugh because it’s a phrase that is only ever used in writing.

The narrative is twofold, two “times” alternating with every chapter. A time for the story Yacoub narrates with his words, the story of his life, and a time where a film maker and his crew visit him, in his old age, to record him telling his story. So you read about the reactions of the film maker and his crew towards this old and sick man (and there is some really good and concise descriptions, about being old and sick).

So Yacoub narrates his life, as a Jew born in Kuwait in a family of iraqi origins, and forced to migrate to Israel after its creation, and ever since then looking for his childhood love, the love of his life, Sarah (iraqi Jew). Simple and quickly read, this novel is interesting in that it makes us discover another negative aspect – and pretty much unknown – of the consequences of Israel’s creation : the massive exodus, more or less forced, of the arab-jewish populations. And as most palestinians found themselves cut off their land, the arab societies found themselves cut off from a important part of their social fabric : the arab-Jews and their activities and culture. The author has also the great merit of writing about the Jews’ life in Kuwait in a realistic manner : no hell like Europe in the 40’s, but no paradise either. Just the normal and more or less hard life of a minority in a traditionnal society, like is the case for all minorities everywhere. And the characters are diversified, stupidity being found everywhere, from Sarah’s misogynist and extremist father to the racist muslim kids of the neighbourhood.

And so this is interesting and against the mainstream ideas that an author from a Gulf country should write a whole book about Sefarad Jews and dropping phrases in hebrew in the dialogues (transliterated to arabic and translated in footnotes), without being himself jewish.

رواية جميلة حول حياة يهودي من الكويت الذي أضطر الى الفرار من بلده بعد النكبة … ينكشف المؤلف جانب غير معروفا من النكبة وإقامة “الدولة الإسرائلية” وهو الهجرة القسرية (معظم الوقت بسبب التوتر الاجتماعي بعد ما حدث في فلسطين) من الجزء اليهودي من المجتمعات العربية … يهوديون الذين معظمهم لا أرادوا شيئا الا البقاء في بلدهم العربي وما يكترثوا بالمشروع الصهيوني …  وهنا يتناول الكتاب نوعا من السيرة الذاتية ليهودي عربي يبحث عن حبيبته من الطفولة والفراق ولا يزال يشعر بالحنين الى بلده الأصلي الكويت وصديقه كم الطفولة المسلم.

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سعادة السفير / Son excellence l’Ambassadeur / His Excellency the Ambassador

 

المؤلف : غازي عبد الرحمان القصيبي

 

(FRA)

D’un auteur que j’ai toujours plaisir à lire (j’en parlais déjà dans mon troisième post), voilà un roman facile à lire et distrayant: l’histoire d’un ambassadeur du «Kut» (entendre Koweït) en Grande Bretagne, et de ses déboires avec le dictateur de Nahrawan (comprendre l’Irak, «nahr» en arabe voulant dire «fleuve/rivière», et l’Irak étant souvent décrit comme le pays aux deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate) qui veut sa peau, et ajoutons à cela un triangle amoureux … Petite histoire dans la grande histoire qui est celle de l’invasion du Koweït par l’Irak. Roman qui sert aussi à découvrir quelques pans de la vie d’un ambassadeur. 

On sent l’expérience de l’écrivain qui était lui-même ambassadeur pour son pays, l’Arabie Saoudite (outre toutes les autres positions qu’il a pu tenir, y compris celle de ministre) et qui semble avoir été une des figures les plus respectées de ce pays, y compris par les critiques du régime saoudien. Critique lui-même des dirigeants du monde arabe (y compris des siens, ce qui lui a valu de se faire virer quelques fois), il est surtout connu pour le roman «L’appartement de la liberté» sur la vie de quatre jeunes bahraïnis qui viennent étudier au Caire dans les années 60 et découvre le nassérisme et un monde nouveau de façon générale.

(L’anecdote est que malgré toutes les positions que cet écrivain a occupé dans les plus haut cercles de l’Etat et les services qu’il a rendu, beaucoup de ses livres sont restés interdits dans le royaume … Pays décidément très curieux qui ne semble ne fonctionner qu’en contradictions.)

(ENG)

From an author I always like to read (and of whom I wrote about in my third post), this an easy-to-read and pleasant novel : the story of an ambassador from «Kut» (understand Koweït) to the United Kingdom and his problems with the dictator of Nahrawan (understand Iraq, «nahr» in arabis meaning «river» and Iraq being commonly referred to as «the two rivers country», Tigris and Euphrates). The dictactor wants him dead, and add to that a love triangle … Story inside History which is the iraqi invasion of Koweït. The novel also lets you see some parts of and ambassador’s life and work.

You can feel the experience of the author himself, who was ambassador to his country, Saudi Arabia. He also held numerous positions, including that of minister, and seems to have been one of the most respected figures, even by the Saudi regime critiques. He was actually a bit of a critique himself, including of his own government, which earned him a few firings … But he is most of all known for one of his novels, «Freedom appartment» (translated in English) : a story about 4 barhaïni students in Cairo discovering Nasserism and a whole new world.

(The fun fact – maybe not so fun – is that despite all of his services and works for his country, some of the authors’ books are banned in the kingdom … Which is decidedly a curious country, that seems to only work on contradictions).

 … كتاب صغير وسهل القراءة من كاتب تحدثت عنه من قبل والذي أحب كتبه دائما 

قصة عن سفير من بلاد «الكوت» (أي الكويت) في المملكة المتحدة  ودكتاتور بلاد النهروان (أي العراق) يريد قلته … وأضيف الى ذلك قصة حب. تكتشف أيضا بعض من الجوانب لحياة سفير وتخمن من خلالها التجربات المباشرة للكاتب الذي كان هو نفسه سفير للمملكة العربية السعودية. 

كاتب معروف لحياته وكل الوظيفات المختلفة الذي شغلها في بلاده وأيضا انتقاداته (التي كسبه بعض الاستقالات) ولكن فوق ذلك هو معروف جدا لكتابه «شقة الحرية» عن أربعة طلاب من   البحرين الذين يدرسون في القاهرة في زمن عبد الناصر ويكتشفون عالم جديد 

 

 

 

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ساق البامبو ـ سعود السنعوسي Excellent roman saoudien / Very good KSA novel

(FRA)

La branche de bambou – de Sa’ûd al-San’ûsî

 

Le roman qui a gagné le prix international du roman arabe au Liban 2013 (International Prize for Arabic fiction – «Booker»). Je viens juste de le finir, et je suis bien contente qu’il ait gagné, bien que je suis entrain de lire un autre qui était également dans les finalistes et qui aurait tout autant mérité le prix, mais bref, revenons au sujet principal.

L’histoire, écrite à la première personne, d’un enfant mi-koweïtien mi-philippin : sa mère étant à l’époque domestique dans une maison koweïtienne, mais bien que son père ait voulu vivre avec elle et se marier, il a cédé aux pressions familiales, a divorcé sa femme et l’a renvoyé avec le bébé aux Philippines avec la promesse de s’occuper de son garçon à l’âge de la majorité. Entre temps l’invasion irakienne emporte le père, et le héros revient au Koweït, nourri par les images idéalisées de sa mère qui lui souhaitait une meilleure vie que la pauvreté aux Philippines. Mais la famille ne l’accepte pas, son retour lui-même se trouve être une sorte de vengeance d’un ancien ami de son père lui-même rejeté par la famille (du fait de sont statut «bidoun» : koweïtien mais sans papiers officiels), bref, il a trop l’air «philippin», c’est la honte pour cette famille de haut standing, etc … Seule sa demi-soeur et des amis lui rende la vie intéressante au Koweït, mais il finira par retourner aux Philippines retrouver son grand amour et son autre famille, pauvre et pleine de problèmes elle aussi.

Mon résumé ne ressemble peut-être à rien, mais l’histoire, beaucoup plus complexe et intéressante, vaut vraiment le coup. La langue est claire, tout comme la critique sociale des différentes sociétés : les Philippines par exemple comme victime de différents paramètres (pauvreté, etc) ce qui oblige les filles à se prostituer, à s’exporter comme domestiques notamment dans les pays arabes (avec tous les dangers connus que ça implique pour certaines), et le Koweït comme société très riche mais très contradictoire et dure envers les étrangers, tout le monde en prend pour son grade, cela va de la prostitution au racisme, en passant par les différents jeux des couches sociales, de la complexité des réputations, du manque d’instruction via la lecture, de l’abandon de la langue maternelle (l’arabe) au profit de l’anglais chez les jeunes … Concernant ce dernier point, j’ai hautement apprécié le passage où le héros reproche à sa demi soeur, koweïtienne, de n’utiliser que l’anglais pour parler à ses amies plutôt que l’arabe, et s’appuyant sur l’histoire des Philippines et d’un héros national philippin, José Rizal (dont les citations parsèment le livre), lui explique que c’est un signe de colonisation étrangère en passe de réussir … Si l’anglais est positif dans le sens où il leur permet de communiquer, il ne devrait pas remplacer la fonction de la langue nationale.

La religion est aussi abordée, de la façon dont elle est comprise et utilisée, que ce soit aux Philippines ou au Koweït … Le personnage est un chrétien avec des tendances bouddhistes, et qui est intrigué par l’islam du fait de ses origines, mais il arrive, d’une certaine façon, à mieux comprendre l’islam que quelque uns de ses compatriotes émigrés au Koweït. Je citerai là une scène bien sentie où l’un de ses amis philippins, musulman «militant», essaie de le convaincre de la grandeur de l’islam avec une série de photos de soi-disant «miracles», par exemple d’un poisson dont les écailles du ventre forme le nom «Allah», ou d’une mosquée, restée debout après une tornade, alors que toutes les maisons alentours ont été détruites. Le héros lui réplique alors que ces photos ne sont que des bêtises, et que s’il veut vraiment convaincre qui que ce soit de sa religion, ce n’est pas ne montrant des maisons détruites qu’il va y arriver, dont la seule explication rationnelle est que la mosquée était en béton et les maisons en bois, donc aucun argument religieux n’est valable dans ce cas là, et termine en lui répliquant «si tu veux m’intéresser à l’islam, tu ferais mieux de me lire et de me traduire des versets du Coran directement».

La seule chose qui me laisse intriguée, au vu de l’intérêt du narrateur pour les questions de langue, de l’importance de connaître sa propre langue et celles des autres, c’est que le héros, pas une seule fois, ne cherche à prendre des cours d’arabe. Pourtant il reste deux ans au Koweït, mais l’anglais semble lui suffire pour se forger des liens avec les différentes personnes là-bas. Il finira par écrire le roman de sa vie dans sa langue maternelle, qui sera ensuite traduit en arabe par un ami philippin maîtrisant la langue … C’est pour sa que le lecteur peut être perturbé en premier lieu par la présentation de l’ouvrage, où l’auteur réel ne serait qu’un transcripteur.

(Explication du titre : le bambou – plante qui se trouve dans le jardin du héros aux Philippines – peut prendre racine n’importe où, quelque soit le lieu où il est transplanté … Le héros s’attend donc à pouvoir prendre racine au Koweït, mais ce ne sera pas vraiment le cas.)

Pour terminer, je pense que l’auteur, saoudien, a réussi à éviter l’interdiction du livre en le publiant au Liban, et en évitant d’attaquer directement son propre pays, même s’il est très facile de voir que le Koweït n’est qu’une excuse dans la description de situations qui existent dans les pays voisins … La critique est donc très présente, mais de façon équilibrée et réaliste. L’auteur ne se lance pas dans le tout-négatif comme on aime à le faire bien souvent, surtout en ce qui concerne les pays arabes, mais au contraire rend toute leur complexité aux différents personnages, ni bons ni mauvais, mais pris dans les tissus sociaux surpuissants. Et on apprend plein de choses sur les Philippines, pays que je ne connaissais pas du tout.


Mise à jour (nov. 2014) : après avoir lu beaucoup d’articles présentant cet auteur comme saoudien, voilà que je viens de lire qu’il serait en fait koweïti … Je ne sais pas où est la vérité, mais disons qu’il est khaleeji, pour être sûr ?


(ENG)

 

The bamboo branch – by Sa’ûd al-San’ûsî

 

The novel that won the International «Booker» Prize for Arabic Fiction in Lebanon in 2013. I just finished reading it, and I’m happy that it won the prize, even though I’m currently reading another one, short-listed for the same prize, that is as good, for different reasons.

The story is written in the first person, the story of a child born of a Kuwaiti father and Philippino mother, named José/Isa (both meaning Jesus in spanish and in arabic). At the time his mother was a maid at his father’s house. He wanted to marry her but his family put him under pressure so that he had to divorce her and send her back with the child in the Philippines, promising that he would take care of the boy later, when he would be able to work. But his father dissapears during the Iraqi invasion of Kuwait, and the narrator comes back to Kuwait with the help of his father’s former friend Ghassan, his head full of overly positive images of the country, that his mother fed him overtime, wishing him a better life in rich Kuwait than in the Philippines where poverty destroyed much of his family. But his father’s family doesn’t accept him, and the reasons of his return are in the end a sort of vengeance from Ghassan towards his father’s family, because he was prevented from marrying his love, one of the narrator’s aunt, being a «bidoun» (a kuwaiti, but with no papers). The narrator looks too philippino for his family, it brings shame to theur standing and their name. Only his half-sister and some friends supports him and make his life bearable in Kuwait.

My summary might be a bit shaky and not really representative, but the story is very good, the plot is always interesting because you never really expect the characters’ actions, and it’s written in a flowing style. And the social critic is there, balanced, realistic, not all-negative nor all-positive, but the narrator doesn’t restrain himself from breaching on any subject : 

 
  • The Philippines as a country crushed by poverty, obliging girls to work in prostitution, or to go and become full-time maids in faraway countries in dreaful conditions for some cases.
  • Kuwait as a rich country but full of contradictions, racism, stuck in an impossible play of social classes, of young people disinterested in their culture and their language … On that topic I highly appreciated the moment when the narrator asks his half-sister (full kuwaiti) why she talks only in english with her friends … He then essentially tells her, quoting a famous thinker from the Philippines, José Rizal, that abandonning your language that way is a sign of a succeeding foreign colonisation. You can’t be yourself if you mix up the functionnalities of the languages you know/have learnt : it’s alright to know other languages, it’s even what enable the narrator to communicate witht eh Kuwaitis, but you should not use it as a replacement for you mother tongue. And this is why, in the end, the narrator chooses to tell his story in his native tongue, story that will be translated into arabic by a philippino friend of his who know both languages (which is of course part of the fiction, but the book is presented such as you might think the real author is in fact only akind of publisher).
  • Religion comes in too. How it is percieved and used by the different characters in both countries, the political and spirituals elements. The narrator is a buddhist styled christian who has an interest in islam because of his origins. He doesn’t really convert to it, even though one might say he understands islam better than most. I particularly like a scene in the book where one of the narrator’s friend try to convert him to islam whit these so-called miraculous images of stuff like a fish that has its scales forming the name «Allah», or the mosque that is still standing up after a storm while all the houses are gone. The narrator then replies that these pictures are stupid : the storm obviously destroyed the wooden houses and not the concrete-built mosque, and he ends the conversation telling his friend ‘if you wnt to convince me of anything, you’d better read me the Quran and translate it to me’. Religious-wise he’s a very interesting and intriguing character which goes in the way of the common western view that all Saudis all religious fanatics who despise the rest of the world : the author is Saudi, and this is a book that speaks very intelligently about highly sensitive issues : immigrant workers in the Gulf from their point of view, and religions. Of course he doesn’t «attack» his own country directly, though you can feel that all Gulf countries are aimed at through Kuwait, and the book is published in Lebanon. But whatever.
  • The book, in general, speaks of the difficulty of being a child of two cultures, the quest for an identity, and growing up in poverty. The title of the books refers to the bamboos growing in his mother’s backyard in the Philippines, a plant that has the alleged capacity of taking roots anywhere in almost any conditions.

 

 

      The only thing that intrigues me in the plot is why the narrator never attempted to learn arabic while he had all sort of occasions for it.

      Anyway, I learned quite a lot of things about the Philippines too, and in the end it is a surprising book, and a very good one. I hope it’ll be translated into english and other languages soon …

Update (nov. 2014) : After reading numerous articles presenting this author as saudi, I just read others now saying he’s in fact from Kuwait. So I’ll keep investigating this strange turn of events, and meanwhile let’s say he’s khaleeji, just to be on the safe side …




كتاب أحبه كثيرا لاسباب مختلفة … من المفترض أن اترجم ما كتبت عنه في الفرنسية والانكليزية الى العربية ولكن ما عندي أي وقت … المهم أنني مسرورة أن مثل هذا الكتاب يحظى على جائزات. نتعلم الكثير عن مجتمعتي الكويت والفيليبين ورؤية ناس يجيؤون من دول عاشت
الاسعمار الغربي بشكل أو آخر ومهمة الكفاحة لأجل اللغة الوطنية التي تنقل الثقافة والتأريخ والهوية.

ملاحظة (نوفمبر 2014) لا أعرف ما يحدث : مرات قرأت أن هذا المؤلف هو سعودس والآن أقرأ أنه كويتي … فمن أين هو بالضبط ؟ لنقل هو خليجي … 

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