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La dernière tentation – The last temptation – الاغواء الأخيرة

by / de Afaf Al Batâyina

(ENG)

     This is what I would translate the title though there is other possiblities … But given the story maybe that would fit best. Jordanian novel written by an author of palestinian descent.

      It is the story of a woman of palestinian origin living in Jordan it would seem (countries are never really named, except for England, where the narrator lives for a time), who has been an orphan in strange and terribles circumstances. Her father died during one of those desperate wars to free Palestine, but his death was particularly stupid : his plane explosed just after the take off. Her young mother was then married off by her family to another man, a bad character who insisted on that his wife must leave behind her young daughter, to be taken care of by her grand parents, who happened also to be uncaring. 

     The narrator, around fifty, tells her story by reminiscences and flash-backs, not always in order, with the main frame being that she wants to tell all her story to her son, studying in England, who doesn’t know anything about her life. And so her life is full of deceptions and betrayals : a first husband who weakened in front of his own father who didn’t accept his step-daughter and so had to marry another one, and close friend made during years when the narrator was working in a Gulf country university, but who also ended up being weak in front of his family, and went to the point that he denounced her to the authorities with false accusations, then followed torture and emprisonnement in the said Gulf country.

     The only stability and hope in this novel is her son (she had with this second companion), and a couple of older friends who were in the end her only family throughout her life. I pass on the details and the complexities of all the relationships, but I found the unraveling of the story interesting because at first you are totally confused when the narrator speaks about «Jubran al Kabeer» (Jubran the old) as her friend, husband and father … But then it all clears up,  and I’ll let you read the book to discover how.

     The narrator appears broken into several selves, because of the hardships she endured, and maybe «the last tentation» about life is trying to begin a new one by laying down her whole life (her whole lives ?) on paper to pass onto her son, and so leaving it all behind her.

 

     The only critic that comes to mind now is that to help the story the writer gives the narrator a pretty «westernistic» view of western countries. I mean by that that like we westerners might orientalize the Orient (in Edward Saïd’s sense), it seems sometimes that arabs writers westernize the West : here it sounds like paradise, as if everyone loved each other, took care of each other, as if everything worked and the whole system is perfect. Of course these two pages, for a westerner, are funny, so remote to what we know, like a fairy world. But I fear some arab readers might actually take that at face value. They’d be sorely disappointed.

     But other pages freaked me out for other reasons : when she describes the university system in the Gulf country where work the narrator before her imprisonnement. The corruption, the money, the full scale propaganda delivered with no restrictions (in this case pro-West and pro-zionist – but wherever any kind of propaganda is delivered that bluntly is scary … But that such a contradictory one might exists in this particular kind of place makes my eyebrow twitch).

      Anyway all in all, it was an easy read (good for the arabic student that I am), and gripping enough to read to the end, despite the pervasive sadness and desperate anger the narrator has, denouncing all sorts of things from all sorts of spheres (family, religious social system, politics …) in the arab world.

      And so like so many books I’ve read and that I’ll post about here, arabic novels have not that many taboos, contrary to what one might think.

 

 

(FRA)

«Dernière tentation» est la traduction que je donnerais de ce roman.

      Roman jordanien écrit par une écrivain d’origine palestinienne (oui je laisse volontairement le mot au masculin, non pas par anti-féminisme, mais parce que c’est un nom de métier, d’occupation, le sexe de la personne concernée ne devrait avoir aucune importance. C’est là que le féminisme réussira, quand on s’occupera de l’écrivain parce qu’il est bon, et non par parce que c’est un homme ou une femme). (Voilà c’est dit).

      Histoire pleine de tristesse en tous genres, comme un tas de romans arabes en général : la narratrice démarre dans la vie orpheline (son père meurt bêtement, sa mère est remariée de force à un beau père stupide qui impose comme condition que sa belle fille disparaisse de sa vue, elle est donc élevée par ses grands parents, pas spécialement tendres non plus). Puis un premier mariage, qui échoue parce que le mari, faible devant la volonté paternelle et le clan familial, accepte une deuxième femme choisie par sa famille à lui, puis un autre homme plus tard, qui finit par montrer la même faiblesse (sa famille l’oblige à se débarrasser de la narratrice en l’envoyant en prison sur fausses accusations), bref, je ne ferai pas le détail, je vous laisse découvrir tout ça … Mais une fois de plus il faut très vite oublier que la littérature arabe est pleine de tabous : pas du tout. Là la critique est cinglante sur tout, tout y passe. Et on voit que les hommes sont autant victimes que les femmes (qui se trouvent quelque part être plus fortes mentalement, n’ayant rien à perdre, là où les hommes sont facilement écrasés dans leurs rôles) d’un système particulier.

     Ma seule critique est que pour appuyer cette critique du système social dans tel ou tel pays arabe, la narratrice nous dépeint une vision du monde occidental assez comique puisqu’elle se veut réaliste : là ou nous orientalisons l’Orient (au sens d’Edward Saïd), les écrivains arabes ont l’air d’avoir la fâcheuse manie d’occidentaliser l’Occident.

     L’Angleterre est là donc un paradis de système social où tout le monde prend soin de tout le monde, où tout le monde s’aime, où personne n’est gêné de son corps (la narratrice décrit les adolescents occidentaux comme assumant complètement leurs corps, sous entendu contrairement aux ados arabes … Elle n’a clairement jamais été une adolescente occidentale. Je n’en connais aucun qui m’ait un jour dit «j’adore comme je suis !». C’est pourtant pas très dur de deviner qu’un ado est complexé, quelques soit le pays), où tout le monde est respecté, etc … Bref, c’est drôle, et ça nous permet de faire l’expérience des impressions que peuvent avoir les orientaux devant notre art et nos romans orientalistes, avec nos séries de clichés. Mais bon, je suppose que cela sert l’histoire principale qui ne se veut pas une ethnographie du monde occidental.

     Mais un passage qui fait froid dans le dos est la description du système universitaire dans les pays du Golfe (elle ne nomme aucun pays arabe, autre que la Palestine il me semble), via les quelques années pendant lesquelles la narratrice travaille dans une université du Golfe. Propagande ahurissante (dans le cas là pro-occidentale et sioniste, aussi paradoxale que cela puisse paraître pour le néophyte), corruption à tous les étages, incompétence, désintérêt des élèves pour leurs études … Bref, comme je disais, tout y passe dans ce roman. Système social emprunt de pseudo-religiosité, importance écrasante de la famille, politique, torture, arbitraire de la justice …

     La dernière tentation est donc finalement la narratrice, après une vie cassée en plusieurs, qui essaie de croire à un nouveau départ, laissant ses précédentes vies derrière elle par écrit, à destination de son unique fils qui ne sait rien d’elle.

     Heureusement ce n’est pas que du tragique, il n’y a pas que des mauvais, il y a même des personnages intéressants sur lesquels la narratrice se raccroche, et la fin est presque positive, ce qui me change de pas mal de romans. Et c’est facile à lire, donc débutants en arabe, foncez !

كتاب  لعفاف البطانية كاتبة أردنية فاسطينية الأصل … مثل راوية القصة.

كتاب حزين  وانتقاد من كثير المشاكل في العالم العربي ولكن عنده آمال وتنتهي بشكل يرضي قارئة مثلي. للأسف تستعمل الراوية رؤية غريبة عن الغرب مثل ما قلت هنا وفي الجهة الآخر الصفحات عن عالم الجامعات في بلدان الخليج مخيفة فيما نكتشف ـ أنا الغربية الجاهلة على كل ذلك على الأقل ـ من بروباغاندا وفساد بوسيطة المال الخ …

لن أكتب أكثر على هذا الرواية الآن لأنه سهل على القارء العرب لتعلم أكثر عن هذا الكتاب ولا أعرف بعد المصطلحات لتعليق على الجهة السردية. أكتمل كل هذا فيما بعد إن شاء الله 

 

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