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شبه الجزيرة العربية / La péninsule arabique / The Arabian Peninsula

المؤلفة : سلوى النعيمي     –    الناشر :  دار رياض الريس

(FRA)

Dans mon précédent article je parlais des livres syro-libanais que j’ai lu comme étant la plupart du temps très «modernes» par rapport aux «romans du désert» plus intemporels. Celui-ci en est un très bon exemple.

Bien que la narratrice fasse d’innombrables références à des oeuvres classiques, des légendes, à l’Histoire, bref, bien que le champ intertextuel soit infini, l’impression de modernisme colle au roman du début à la fin. La langue par exemple elle même est utilisée de cette façon, avec des tournures modernes qu’on pourrait traduire par «Elle appliquait cela en pratique, ou elle essayait de.»

L’histoire elle est présentée comme roman, mais on pourrait dire «autobiographie fictive» tant les détails concernant la narratrice nous renvoient sans arrêt à la vie réelle de l’auteur (de ce qu’on peut en savoir du moins). C’est peut-être plus une suite de pensées et de souvenirs et de remarques d’une exilée syrienne en France, et qui peut voyager sans problème où elle veut sauf son pays d’origine. Et donc plutôt qu’une impression intemporelle, ce livre paraît très moderne, situé, concernant une personne précise, comme si on écoutait l’histoire d’une amie, et qu’on partage (ou pas) ses sentiments sur certaines choses, et qu’on découvre d’autres choses.

Quant au titre, je ne sais toujours pas ce qu’il fait là … La péninsule arabique n’est qu’une des destinations diverses de la narratrice, élément très secondaire. Peut-être vient-il de la postface fictive, où la narratrice commente, depuis le Golfe, les révolutions qu’elle voit se dérouler à la télé, branchée sur «Al Jazeera» (qui veut dire «île», en référence à la péninsule arabe). Je demande d’ailleurs si le titre n’est pas lui même un reflet de son exil, sa langue natale imprégnée de l’étranger : c’est la traduction exacte du français «presqu’île (péninsule) arabique» alors que je n’ai jamais entendu, me semble-t-il, les arabes eux-mêmes la désigner autrement que par «l’île» (al-jazeera) ou «le Golfe» (al-khaleej).

(ENG)

In my precedent article I was speaking about the syro-lebanese books I read that appeared to me very «modern» (as opposed to the epic sense of «desert novels»). This book is precisely a good example.

Event though the female narrator refers to a great many stories, histories and legends, even though the intertextuality is wide, this sensation of being modern stuck to this book through and through. The language itself is used in a modern way, putting words and ending sentences in a way you don’t see often in standard or classical writing.

The cover says «novel», but it is more of an «autobiographical fiction», so much the narrator’s details match the author’s ones (of what you get to know reading interviews at least). It is more like a string of thoughts and rememberances and remarks of a syrian woman exiled in France. She can travel anywhere she likes but in her home country. And so, more than being timeless, the books sounds very modern and situated, the details of a person, of a friend you listen to, talking about her life. You agree – or not – on certain subjects, you discover others.

As for the title, I still wonder what it has to do with the story … The arabian peninsula is but one of the many countries the narrator travels to. It’s a very secondary element. Maybe it comes from the fictive post-scriptum (?), where the narrator comments on the arab revolutions while she is staying in a Gulf country watching Al Jazeera channel (which means «island» by the way).

Then I wonder is this title is not itself a reflection of her exile, her mother tongue arabic influenced by the foreign french : this title is the exact translation of the french (or english) «arabian peninsula» (peninsula in french can alos be said with another phrase that literaly means «almost-island»). While I never really noticed any arab person before using that phrase, they just say «the island» (al jazeera) or «the gulf» (al khaleej).

كتاب مثالي عما تحدثت عنه في مقالتي السابقة : معاصر جدا. مع التناص كثيف والتلميحات الى التاريخ وأساطير وحكايات عديدة إلا أن الرواية معصر جدا مثل كثير من الروايات الشامية قرأتها, العكس للبعد الملحمي لدى الكتب الصحروية كما أسميها.  ا

حتى اللغة هي مستخدمة بشكل عصري مثل هذه الجملة من الكتاب : «هي كانت تطبقها عمليًا أو تحاول أن.» وتنتهي الجملة بالكلمة «أن». ا

الغلاف يقدم «رواية» ولكن شبه سيرة ذاتية  أكثر من رواية طالما خصوصيات الراوية تشبه خصوصيت الكاتبة. وأكثر من رواية الكتاب هو سلسلة من أفكار وذكريات وتعليقات من إمرأة سورية من أت مسلم وأم مسيحية هاجرت الى فرنسا. يمكنها السفر في أي بلد إلا بلدها الصلي.  ا

أما العنوان فلا وجدتُ أي علاقة بالحكاية … إلا في النهاية حيث تتحدث الراوية عن الثورات العربية التي تشاهدها على شاشة قناة الجزيرة وهي مقيمة مؤقة في الخليج. ولا أعرف إن أحطأ أم لا ولكنني العنوان يشبه القصة فقط في كونه عربية متأثرة من الفرنسية : فلا سمعت أي عرب يقول «شبه الجزيرة العربية» بل فقط «الجزيرة أو الخليج» فيما «شبه الجزيرة العربية» هو ترجمة دقيقة من التعبير الفرنسي …   ا

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رقص الظل الأخير / La dernière danse de l’ombre / The shadow’s last dance

المؤلف : رامي طويل

(FRA)

Petit livre assez rapide à lire (le niveau de langue n’étant pas trop dur). Publié cette année, c’est peut être l’un des seuls romans syriens (auteur syrien, histoire se déroulant à priori en Syrie) qui n’aborde pas la guerre actuelle. L’histoire semble se passer avant, en temps de paix, même si la pression se faire sentir, et augmente au fur et à mesure.

Histoire entrecroisées de divers personnages qui viennent à partager des moments plus ou moins long de leur vie. Ils gravitent tous autour de la tranche intellectuelle et artistique de la population. L’un est poète, l’autre photographe, l’autre médecin … Tranches de vie qui se terminent de façon plus ou moins triste, mais qui se terminent “écrasées” par la censure politique, dont le centre nerveux est perçu comme lointain tout d’abord, mais dont la présence se fait de plus en plus lourde. Elle commence par un exécution sommaire que tout le monde essaie d’oublier, mais qui reste imprimée dans les mémoires … Puis s’ensuit divers faits, ou des souvenirs qui reviennent à la surface, qui viennent renforcer ce contrôle venu de partout et de nulle part : pas de noms, pas de lieux précis, mais des limites invisibles qui se mettent en place dès que les personnages essaient de les franchir.

On a au final l’impression que la plupart des histoires personnelles de ces personnages pourraient se dérouler dans n’importe quel pays, et certains d’entre eux s’accommodent bien de l’environnement politique, puisque leurs désirs leur nécessite pas de franchir les limites, mais d’autres se retrouvent avec les ailes coupées. Certains essaient de fuir “dans leur tête”, d’éviter le problème comme ils peuvent. Et sans dire qu’ils vivent mal, il vivent “en dessous” de leurs capacités, comme l’illustre l’interdiction finale d’une exposition conjointe de l’oeuvre de plusieurs artistes.

Illustration de la vie intellectuelle dans une ville côtière syrienne avant la guerre, en somme …

(ENG).

Small book, easy to read somewhat (the vocabulary is not very hard). Published this year, it might be on of the few recent syrian novels not dealing with the current war. The story takes place before the war, even though you can feel the pressure building up.

It’s more or less chunks of people’s lives that get entangled with each other. They all belong to the cultural elite of the country : there’s a poet, a doctor, a photographer … It doesn’t end up very well (though not very badly either), these lives finish crushed by censorship. This repressive power is first perceived as distant, both in memory and space, but it’s there, and it grows ever closer. It begins with an unexplained excecution, and then some memories people try to suppress, but facts and realities become more real, and this sense of being watched grows. There is no specific names other than the characters’ first names, but everytime these characters try to overstep the invisble limits, they are bounced off.

In the end these stories could happen anywhere, they’re pretty standard, and some of the characters even seem to get along well with their imposed boundaries, but others find themeselves cut short in their desires. Some of them try to escape mentally … Though you can’t really say they live in horrid conditions, they definitely live “under” their possibilities, as the final scene illustrates, when the artists’ work is replaced by governmental approved work for an special exhibit.

All in all, it’s a picture of the intellectual life on a coastal city in Syria …

قصة عن الحياة الثقافية في سورية قبل الحرب الحالية … شخصيات تحاول أن تعيش ضمن قمع سياسي وثقافي خفيفا نوعا ما في البداية ولكن تكبر خلال السنوات وتنتهني في حذف أعمال الفنانين في معرض كانوا يتهيئون له خلال الكتاب. فنفهم أن الحياة كان ممكنة قبل الحرب ولكن السعر كان عاليًا أحيانًا وكنتَ تعيش في درجة أقل من امكانياتك الحقيقية اذا كنت من أهل الفن …

على العموم هذا الكتاب الصغير هو سهل القراءة للمتعلمين في اللغة العربية مثلي …

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